La France et INTERPOL officialisent un partenariat stratégique pour 2031 à Lyon
Objectif 2031 : un siège d’INTERPOL capable d’accueillir 1 500 agents
Cette extension permettra à INTERPOL de mieux coordonner ses missions face aux menaces transnationales comme la cybercriminalité et le trafic humain.
Dans les salons du siège de INTERPOL, à Lyon, la signature, jeudi 5 février 2026, d’une convention de partenariat avec France marque une étape stratégique pour la coopération policière internationale. Derrière la cérémonie officielle, c’est un engagement politique, financier et opérationnel destiné à pérenniser durablement la présence du siège international sur le territoire lyonnais.
Organisation internationale de police criminelle réunissant 196 États membres, INTERPOL a installé son siège à Lyon en 1989.
Depuis, l’institution a connu une croissance continue de ses effectifs, passant d’environ 350 postes à ses débuts à près de 1 000 aujourd’hui, rendant nécessaire une opération globale de rénovation et d’extension du site.
Cette transformation intervient dans un contexte sécuritaire marqué par l’intensification des menaces transnationales. Comme l’a rappelé la représentante de l’État lors de la cérémonie, les menaces « ne connaissent ni frontières ni répit ».
Dans ce contexte, les équipes internationales basées à Lyon travaillent quotidiennement à démanteler des réseaux criminels, lutter contre la cybercriminalité ou combattre la traite d’êtres humains.
Un investissement structurant pour la coopération policière internationale
Afin de garantir la présence durable du Secrétariat général à Lyon, la France s’est engagée dans un programme global de 61,2 millions d’euros. L’État français finance 43,2 millions d’euros, complétés par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon, tandis que la Ville met à disposition le foncier pour un euro symbolique.
En parallèle, l’organisation internationale investira environ 30 millions d’euros dans la rénovation des bâtiments existants.

L’accord, validé en amont par le Comité exécutif réuni à Marrakech en novembre 2025, a été entériné lors de la signature officielle en présence du secrétaire général et de la préfète de région Fabienne Buccio.
À terme, le nouveau site pourra accueillir jusqu’à 1 500 fonctionnaires et devrait être pleinement opérationnel d’ici 2031.
Lyon, plateforme mondiale de coopération policière
Au-delà de l’enjeu sécuritaire, l’impact économique territorial est majeur. Près des trois quarts des dépenses annuelles de l’organisation sont réalisées en France, dont environ 90 % directement injectées dans l’économie lyonnaise.
En 2024, sur 162 millions d’euros de dépenses mondiales, environ 110 millions ont bénéficié à l’économie régionale.
À cela s’ajoutent les milliers de visiteurs professionnels accueillis chaque année pour des réunions et formations internationales, ainsi que la présence d’environ 1 000 fonctionnaires vivant dans l’agglomération lyonnaise.

Pour les autorités françaises, cette dynamique participe d’une ambition plus large : faire de Lyon une référence mondiale de la coopération policière et de l’expertise sécuritaire internationale.
Dans son discours, le secrétaire général a résumé l’enjeu en une formule : écrire « le prochain chapitre de l’histoire commune entre la France et INTERPOL ».
Lorsque cet article sera publié, le mercredi 18 février 2026, la signature intervenue treize jours plus tôt apparaîtra déjà comme une étape structurante.
Dans un monde où la criminalité se mondialise et se numérise, la coopération policière internationale doit évoluer au même rythme — et une partie de cette bataille silencieuse continuera de se jouer à Lyon.















