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Fabien Jacquet devient actionnaire majoritaire de Lamy Évaluation et accélère sur l’expertise immobilière BtoB

Fabien Jacquet accélère le repositionnement de Lamy Évaluation vers les expertises immobilières stratégiques pour entreprises. Décryptage

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Fabien Jacquet aux commandes de Lamy Évaluation : une stratégie sur les expertises complexes-Photo FAJ MD
Fabien Jacquet aux commandes de Lamy Évaluation : une stratégie sur les expertises complexes-Photo FAJ MD
Pourquoi le marché de l’expertise immobilière devient plus complexe et plus stratégique

Un marché immobilier en recul qui transforme l’expertise immobilière en levier stratégique

La contraction des volumes et la hausse des incertitudes déplacent la valeur vers des analyses capables d’arbitrer des situations complexes, où chaque hypothèse peut être discutée et challengée.

Le rachat majoritaire de Lamy Évaluation par Fabien Jacquet, en mai 2025, intervient à un moment où le marché de l’expertise immobilière change de nature.

Selon les grands conseils du secteur, les volumes d’investissement en immobilier d’entreprise ont reculé d’environ 40 % en France entre 2022 et 2024. Moins d’opérations, mais davantage de situations sensibles :

  • refinancements sous tension,
  • actifs à revaloriser,
  • désaccords entre investisseurs et prêteurs.

Un exemple typique : un immeuble de bureaux acquis en 2021 avec un rendement de 3,5 %, que la banque exige désormais de refinancer avec une valeur ajustée à un marché passé au-dessus de 5 %. Entre les deux, plusieurs millions d’euros d’écart — et une expertise qui devient centrale.

C’est sur ce type de dossiers que Lamy Évaluation cherche désormais à se positionner.

Une structure resserrée face à des enjeux plus complexes

L’entité reprise par Fabien Jacquet repose sur une organisation légère : deux experts évaluateurs, deux commerciaux et une fonction support . Elle s’appuie en parallèle sur un réseau d’environ 150 correspondants techniques répartis sur le territoire pour les visites et relevés.

Le groupe auquel elle appartient affiche, lui, une trentaine de collaborateurs et environ 3 millions d’euros de chiffre d’affaires — mais ces moyens couvrent plusieurs activités au-delà de l’évaluation.

Ce modèle hybride — petite équipe centrale, réseau étendu — peut constituer un levier d’agilité. Il pose aussi une question simple : jusqu’où peut-il absorber des missions plus lourdes, souvent concentrées dans le temps et fortement exposées ?

Un repositionnement en grande partie dicté par le marché

Le recentrage vers le BtoB apparaît autant stratégique que contraint.Historiquement, Lamy Évaluation intervient sur des missions variées, des problématiques patrimoniales des particuliers aux enjeux des entreprises et des institutionnels . Mais dans un marché ralenti, les dossiers les plus standards perdent en poids relatif.

À l’inverse, les situations complexes — financements, restructurations, valorisations fiscales ou contentieuses — concentrent désormais l’essentiel des enjeux… et des honoraires.

« Notre ambition est claire : apporter aux décideurs économiques et à leurs conseils des évaluations indépendantes, rigoureuses et adaptées aux enjeux de leurs opérations.

Nous voulons être le partenaire de confiance des avocats, investisseurs, banquiers, experts-comptables et notaires lorsqu’il s’agit de sécuriser la valeur d’un actif ou d’une société », explique Fabien Jacquet.

Une carte à jouer sur les dossiers sensibles

Sur ce terrain, la concurrence est structurée : grands cabinets immobiliers dotés de puissantes bases de données, acteurs du conseil financier déjà intégrés aux opérations de M&A ou de financement.

Mais ces organisations peuvent aussi être perçues comme juges et parties lorsqu’elles cumulent conseil, transaction et expertise.

C’est là que les acteurs indépendants conservent un avantage : dans les situations où la valeur est contestée — renégociation de bail, litige, contrôle fiscal —, une signature perçue comme neutre peut faire la différence.

Ce positionnement reste une niche, mais une niche en expansion.

Lamy Evaluation au salon CIEL
Lamy Evaluation au salon CIEL

Un dirigeant en phase avec cette évolution

Le parcours de Fabien Jacquet s’inscrit dans cette logique. Formé à la finance et au droit, il a passé l’essentiel de sa carrière dans des environnements exigeants, notamment plus de dix ans chez EY, après un passage chez Deloitte, avant de diriger des équipes d’expertise immobilière et d’intervenir sur des missions complexes.

Une double culture — immobilière et financière — devenue indispensable dans un marché où une valorisation se discute autant qu’elle se calcule.

Reste à transformer cette expertise en capacité collective, capable de répondre à plusieurs dossiers simultanément et sous contrainte de délais.

Entre héritage et recomposition

Un point demeure moins lisible : la trajectoire même de Lamy Évaluation.

Présentée comme issue d’une structure fondée en 1982, elle s’inscrit aujourd’hui dans un groupe réorganisé en 2019.

Cette superposition entre histoire longue et recomposition récente n’est pas entièrement explicitée — un détail, mais qui compte dans un métier où la crédibilité repose aussi sur la continuité.

Une fenêtre réelle — mais étroite

Le pari de Fabien Jacquet est cohérent : se positionner là où les valorisations deviennent décisives, parce qu’elles sont discutées.

Le modèle — équipe resserrée, réseau étendu, indépendance revendiquée — peut fonctionner sur ce type de missions, notamment face à des structures plus lourdes.

Mais l’accès à ces dossiers reste sélectif, souvent verrouillé par des relations déjà établies.

En d’autres termes, la stratégie existe. Le marché aussi.Reste à savoir si cette configuration permettra à Lamy Évaluation de s’imposer assez vite dans les dossiers qui comptent — ceux où une valorisation ne se contente plus d’être juste, mais doit être défendable.

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