Aux vœux de la Région, l’école s’invite au premier plan
À Lyon, lors de la cérémonie des vœux de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, une annonce concernant les lycées éclaire un débat désormais structurant à l’échelle nationale : celui de la place du numérique dans la vie scolaire.
L’événement est inscrit de longue date dans l’agenda institutionnel. Dans la cour de l’Hôtel de Région à Lyon, responsables politiques, acteurs économiques, représentants du monde éducatif et associatif se retrouvent pour un temps fort de la vie régionale. La cérémonie des vœux concentre l’exercice attendu : bilan, perspectives, priorités. Un moment de synthèse, pensé pour donner à voir une action publique dans sa continuité.
Le 28 janvier, au fil des prises de parole, un thème prend progressivement place. Non comme une inflexion nouvelle, mais dans la continuité des orientations défendues depuis plusieurs années.
Laurent Wauquiez consacre une partie de son discours à l’école et au quotidien des lycées, avant d’annoncer le lancement, à partir du deuxième trimestre 2026, d’une expérimentation visant à interdire totalement l’usage des téléphones portables dans les lycées volontaires d’Auvergne-Rhône-Alpes.
L’initiative est présentée comme l’aboutissement d’un travail engagé avec les communautés éducatives.
À l’extérieur, les usages relèvent de la sphère privée. À l’intérieur, un cadre collectif.
Une initiative régionale dans un débat national structurant
L’annonce intervient dans un contexte où la question des usages numériques des jeunes s’impose à l’agenda public. Le 26 janvier, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à restreindre l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans et à renforcer l’encadrement de l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires.
Le texte prévoit une interdiction de principe dans les lycées, avec des modalités laissées aux règlements intérieurs et une mise en œuvre progressive.
Dans ce cadre, la démarche de la Région Auvergne-Rhône-Alpes se situe sur un terrain opérationnel. Là où la loi nationale fixe un cadre général, l’exécutif régional fait le choix d’une expérimentation territoriale, conduite dans des établissements volontaires, afin d’en observer les effets concrets avant toute extension éventuelle.
Les objectifs avancés sont identifiés : réduction des distractions en classe, amélioration de la concentration, apaisement du climat scolaire, meilleure régulation du temps d’écran, prévention du harcèlement. Les modalités pratiques — casiers sécurisés, pochettes de rangement ou dispositifs équivalents — seront définies par chaque établissement, en lien avec les équipes éducatives et avec l’accompagnement de la Région.
Dix ans d’action régionale en fil conducteur
Dans son intervention, Fabrice Pannekoucke, président de la Région, replace cette annonce dans une trajectoire plus large. Il revient sur dix années d’action régionale, depuis la création de la grande Région Auvergne-Rhône-Alpes, évoquant un territoire qui a progressivement gagné en lisibilité et en cohérence.
Son discours déroule un bilan structuré : montée en puissance des investissements, soutien à l’économie productive, à l’agriculture, à la culture et à la santé, politiques de mobilité et de sécurité, attention portée à l’équilibre budgétaire.
Il insiste sur une méthode revendiquée, fondée sur l’ancrage territorial, la continuité des politiques publiques et une culture du résultat.
Dans cette perspective, la question de l’usage des téléphones portables au lycée s’inscrit dans une réflexion plus large sur la protection des jeunes générations et sur le cadre commun.

Le chef d’orchestre de la région Auvergne-Rhône-Alpes évoque les effets d’un usage intensif des écrans et des réseaux sociaux chez les adolescents — troubles de l’attention, fragilités psychologiques, exposition accrue aux violences numériques — et la nécessité de donner aux établissements des leviers d’action clairs et assumés.
Tester avant de décider – La Région insiste sur le caractère évaluatif de la démarche. L’expérimentation permettra d’établir un bilan précis avant toute éventuelle généralisation, selon une méthode déjà mise en œuvre dans d’autres politiques publiques régionales.
Laurent Wauquiez établit un parallèle avec une décision prise une décennie plus tôt : la sécurisation des lycées par la mise en place de périmètres de protection, alors discutée, aujourd’hui largement reprise.
La logique reste la même : expérimenter, mesurer, ajuster
Au-delà du cadre strictement scolaire, la question posée touche à des enjeux durables — attention, effort, respect du cadre collectif — régulièrement évoqués lors de la cérémonie des vœux. Dans une région qui revendique son dynamisme économique et son attractivité, l’éducation apparaît comme l’un des fondements de long terme.
Le 28 janvier, dans la cour de l’Hôtel de Région, l’annonce s’est inscrite dans cette continuité. Les mois à venir diront comment cette expérimentation prendra forme dans les lycées, là où les orientations publiques se traduisent, concrètement, dans les usages quotidiens.
À bientôt

















