Société à mission et robinetterie industrielle : le virage stratégique de TECOFI
Première société à mission de son secteur, TECOFI illustre l’évolution du modèle industriel français à l’heure où l’eau devient un enjeu stratégique mondial et où la souveraineté productive redevient centrale.
Longtemps, l’industrie lourde a été perçue comme un univers dominé par la technique, les machines et les logiques de production. La dimension humaine, sociétale ou environnementale y occupait une place secondaire.
Chez TECOFI, la performance industrielle change de définition.
Elle ne se mesure plus uniquement en volumes produits ou en marges, mais en capacité à sécuriser des infrastructures devenues stratégiques.
Car derrière chaque vanne industrielle se joue un enjeu beaucoup plus large : la continuité d’infrastructures vitales, au moment où la gestion de l’eau devient un sujet stratégique pour les économies comme pour les territoires.
En devenant la première entreprise à mission du secteur de la robinetterie industrielle — un statut qui correspond à une forme d’entreprise à impact intégrant des objectifs sociétaux dans sa gouvernance — l’entreprise formalise une transformation engagée depuis plusieurs années.
Société à mission : vers une performance industrielle élargie
Cette évolution transforme concrètement le pilotage industriel.
La prise de décision intègre désormais simultanément performance économique, impact environnemental, contribution sociétale et cohérence stratégique long terme.
Les attentes des clients évoluent elles aussi. Au-delà du produit, ils recherchent des solutions durables, fiables et capables d’anticiper les contraintes réglementaires, énergétiques et climatiques.
L’industrie de l’eau, et plus largement les technologies liées aux réseaux hydrauliques, entrent dans une nouvelle phase de maturité stratégique.
Cette trajectoire s’inscrit également dans un environnement plus exigeant : hausse des coûts énergétiques, pression concurrentielle internationale, volatilité de certaines matières premières.
Dans ce contexte, la mission devient un cadre structurant autant qu’un facteur de différenciation.

Culture industrielle : un levier RH stratégique dans l’industrie technique
La transformation engagée par TECOFI ne s’exprime pas uniquement dans sa stratégie.
Elle se lit aussi dans son organisation interne. Lors d’une visite de notre rédaction, le jeudi 5 février dans les locaux de Genas, le constat est frappant : proximité hiérarchique, échanges naturels entre services, participation libre aux moments collectifs — certains collaborateurs passant simplement quelques minutes pour maintenir le lien.

Dans un secteur industriel confronté à des enjeux majeurs d’attractivité des talents, cette cohésion devient un facteur direct de performance opérationnelle.
Cette logique se retrouve également dans les temps stratégiques internes. Un moment de travail stratégique, mais aussi de reconnaissance.
Les performances individuelles ont été mises à l’honneur, notamment :
- Nicolas Bonnefoy, meilleur vendeur France
- Joe Christopher Malembeti, meilleur vendeur Export.
Dans l’industrie, la performance reste systémique : ingénierie, production, logistique et commerce fonctionnent comme une seule chaîne de valeur au service d’un objectif commun — sécuriser et maîtriser l’eau là où elle devient un enjeu vital.
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Relocalisation industrielle : produire en France sans renoncer au marché mondial
Dans le cadre des politiques de réindustrialisation, l’entreprise a engagé une relocalisation partielle de sa production avec le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Quelques repères structurants :
- 47,1 M€ de chiffre d’affaires (2024) – selon les comptes annuels déposés au 31 décembre 2024
- 250 collaborateurs
- plus de 20 nationalités différentes
- 120 000 € d’aide publique régionale
- près de 800 000 € d’investissements industriels
Cette relocalisation concerne notamment la fabrication de vannes à guillotine inox utilisées dans des environnements industriels complexes.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique territoriale forte.
Le 11 février, lors d’une visite sur leur site de CORBAS, Xavier Odo, maire de Grigny et conseiller de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, soulignait une ambition claire : produire en France avec exigence et performance, tout en développant un savoir-faire reconnu à l’international sur des équipements essentiels pour l’eau potable, le gaz et d’autres secteurs stratégiques.
Avec près de 70 % de sa production destinée à l’export, l’entreprise illustre une réindustrialisation concrète : investir localement tout en restant pleinement intégrée aux chaînes industrielles mondiales.
La stratégie reste pragmatique : relocaliser là où cela sécurise la valeur industrielle, tout en assumant certaines dépendances globales, notamment sur les matières premières issues de Chine.
Une internationalisation industrielle assumée – Cette logique industrielle globale se traduit par le renforcement de la présence commerciale en Asie, avec une implantation consolidée à Shanghai.
L’objectif reste constant : accompagner les marchés industriels locaux tout en valorisant le savoir-faire industriel français sur des marchés à forte exigence technique.

Vers un nouveau modèle industriel français : une architecture en construction
À travers ces choix, l’entreprise esquisse une équation industrielle structurée autour de quatre piliers :
- une industrie positionnée sur des infrastructures vitales,
- une performance élargie intégrant des critères économiques,
- environnementaux et souverains,
- une relocalisation sélective et une internationalisation assumée.
Cette combinaison dessine progressivement un modèle industriel hybride, adapté à un environnement économique marqué par la tension sur les ressources, la compétition technologique et les enjeux de souveraineté.
Une industrie française tournée vers l’économie de 2030
La montée des tensions autour des ressources hydriques redéfinit le rôle des industriels de l’eau. Les entreprises capables de sécuriser les infrastructures, d’innover technologiquement et de maintenir une production industrielle robuste occupent une position stratégique croissante.
À horizon 2026, l’équation industrielle repose sur l’innovation hydraulique, la sécurisation des chaînes industrielles européennes et le renforcement des positions internationales.
La performance industrielle ne se mesure plus uniquement en volumes ou en parts de marché. Elle se mesure aussi dans la capacité à sécuriser des infrastructures devenues vitales pour les économies modernes.
Cette trajectoire pourrait préfigurer l’évolution d’autres ETI industrielles françaises confrontées aux mêmes tensions stratégiques : compétitivité globale, souveraineté industrielle et transition environnementale.
FAQ : Comprendre le statut de société à mission
Qu’est-ce qu’une société à mission ?
La qualité de « société à mission » peut être adoptée par toute société qui inscrit dans ses statuts une raison d’être ainsi que des objectifs sociaux et/ou environnementaux qu’elle s’engage à poursuivre.
Elle doit mettre en place un comité de mission chargé du suivi de ces objectifs et faire vérifier leur exécution par un organisme tiers indépendant.
Il s’agit d’une qualité juridique et non d’une nouvelle forme sociale : aucune modification de la structure juridique n’est nécessaire.
C’est ce cadre que TECOFI a choisi pour valider ses engagements dans la robinetterie industrielle et la sécurisation des infrastructures de l’eau à l’échelle mondiale.




















