Dans un marché des services numériques sous tension, ZOL continue de recruter en 2026, y compris des profils juniors. Implantée à Lyon et à Paris, l’agence dirigée par Éric Boisson avait déjà signé, fin juillet, 72 % de son objectif annuel de chiffre d’affaires.
Elle revendique plus de 300 entreprises accompagnées et un modèle commercial désormais fondé sur la recommandation, sans équipe dédiée à la vente ni prospection.
Derrière ce positionnement, un entrepreneur qui a traversé plusieurs générations du numérique français. D’AlloCiné à Houra, puis de Chilipoker à ZOL, Éric Boisson a connu aussi bien les premières années du Web que la professionnalisation du secteur. Aujourd’hui, il voit dans l’intelligence artificielle une nouvelle possibilité pour les PME d’accéder aux développements spécifiques.
Un contrat qui change la trajectoire de ZOL
Lorsqu’il rejoint ZOL, Éric Boisson renonce notamment à des propositions de Molotov et DigiSchool. Il choisit de s’associer à Mathieu Molimard, cofondateur de l’agence, qui avait assuré en sous-traitance une partie importante des développements de Chilipoker.L’entreprise réalise alors environ 750 000 euros de chiffre d’affaires.
Boisson prend sa direction opérationnelle et entreprend de revoir son organisation et son offre. Mais le manque de commandes et les tensions de trésorerie l’obligent à interrompre ce travail pour rechercher de nouveaux contrats.
Il sollicite Olivier Mercuriot, un ancien collègue d’Houra devenu dirigeant de KeyOps, filiale de La Poste.
ZOL remporte un projet dont le budget équivaut aux deux tiers de son chiffre d’affaires annuel. Cette commande, suivie d’autres missions, permet de reprendre la restructuration et de renforcer les effectifs, notamment avec des chefs de projet, un designer et un commercial.
Des projets plus complexes et des budgets en hausse
En septembre 2018, alors que le carnet de commandes est presque vide, Éric Boisson décide d’accélérer la refonte du site Internet de l’agence. La nouvelle version est mise en ligne le 26 octobre. Selon son témoignage, les quatre mois suivants apportent autant de demandes que les quatre années précédentes.
L’agence élargit ensuite ses compétences au développement front-end, à la donnée, à l’expérience utilisateur et au conseil. Cette évolution lui permet de prendre en charge des projets numériques plus importants, notamment des applications métiers adaptées aux processus de ses clients.
Le budget moyen des projets passe, selon un premier bilan de l’agence, de 50 000 à 200 000 euros en deux ans.
En février 2023, ZOL annonce une moyenne de 350 000 euros, sans préciser si les deux indicateurs sont directement comparables.
Son chiffre d’affaires atteint 5,2 millions d’euros en 2022, selon les données publiées par l’entreprise. Début 2023, elle emploie 55 personnes et prévoit six recrutements supplémentaires. Ces chiffres rendent compte de son développement à cette période, sans renseigner sur ses résultats actuels.
Une activité alimentée par les clients existants
Le fonctionnement commercial de ZOL a évolué depuis les années où Éric Boisson prospectait lui-même pour obtenir des contrats. L’agence affirme aujourd’hui ne plus pratiquer de prospection et recevoir l’essentiel de ses nouveaux contacts par recommandation.
En février 2023, elle indiquait que les nouveaux clients pesaient 30 % de son chiffre d’affaires, soit environ 70 % pour les clients existants. Elle comptait alors une vingtaine de clients actifs, à distinguer des plus de 300 entreprises qu’elle déclare avoir accompagnées au total.
Cette répartition montre la place occupée par les projets successifs dans son activité. Elle souligne également l’importance économique du renouvellement des relations commerciales, sans permettre d’évaluer la concentration du chiffre d’affaires sur quelques comptes.
Pour 2026 et 2027, Point S et Vinci Immobilier lui ont renouvelé leur confiance, selon l’agence. Nice-Matin, JOA Casino, Romanée et Sovitrat figurent également parmi les entreprises qu’elle cite.
L’intelligence artificielle, un nouvel argument pour le sur-mesure
Éric Boisson considère que l’intelligence artificielle rend désormais certaines solutions numériques spécifiques accessibles à des PME qui ne pouvaient auparavant en supporter le coût.
L’agence entend ainsi poursuivre son approche fondée sur des outils conçus pour les besoins propres à chaque entreprise, plutôt que sur l’adaptation systématique de logiciels standardisés.
Cette évolution technologique intervient alors que les perspectives d’emploi dans le numérique suscitent des interrogations.
ZOL annonce avoir ouvert cinq postes en 2026 et recruté deux Product Builders. Elle recherche encore des Product Managers et des Product Designers, tout en continuant à embaucher des juniors, y compris dans les métiers techniques.
Éric Boisson récuse l’idée que l’IA serait la principale responsable des difficultés d’accès des jeunes à l’emploi. Il distingue le ralentissement général des embauches des effets de l’automatisation, qui toucherait selon lui surtout les personnes effectuant des tâches répétitives sans leur donner de sens, quel que soit leur âge.
Pour l’agence digitale, l’enjeu est désormais de concrétiser les possibilités économiques offertes par l’IA dans ses projets, tout en poursuivant les recrutements nécessaires à leur réalisation.























