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Aliapur et Infiniteria Europe s’allient autour de deux futures usines de recyclage de pneus

La collaboration vise à sécuriser les flux de pneumatiques usagés pour développer de nouvelles capacités industrielles de recyclage en France.

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Mathieu Chardin, Directeur général d’Aliapur et Kajsa Ryttberg-Wallgren, CEO d’Infiniteria Europe
Mathieu Chardin, Directeur général d’Aliapur et Kajsa Ryttberg-Wallgren, CEO d’Infiniteria Europe
Partenariat

Avant même de choisir l’emplacement de ses futures usines françaises, Infiniteria Europe cherche à organiser leur approvisionnement en pneus usagés. L’entreprise vient de signer un protocole d’accord avec Aliapur, éco-organisme lyonnais agréé par l’État, pour préparer un contrat de fourniture à long terme.

L’enjeu est de disposer d’une ressource régulière pour alimenter deux installations de recyclage par pyrolyse. Le document fixe un cadre de négociation, sans constituer à ce stade un engagement définitif de livraison. Les sites présélectionnés font encore l’objet d’évaluations, tandis que les études d’impact environnemental se poursuivent.

Cette démarche illustre l’une des contraintes du recyclage industriel : la construction de nouvelles capacités de traitement suppose, en amont, de sécuriser les flux de déchets qui les alimenteront.

La pyrolyse pour développer de nouveaux débouchés industriels

Infiniteria entend transformer les pneumatiques en fin de vie en matières susceptibles d’être réutilisées dans l’industrie. Pour cela, l’entreprise mise sur la pyrolyse, un procédé qui décompose les pneus sous l’effet de la chaleur, en l’absence d’oxygène.

Cette technologie permet notamment de récupérer une huile de pyrolyse et une fraction solide carbonée. Leur valorisation dépend des traitements complémentaires et des caractéristiques exigées par les utilisateurs industriels.

L’objectif est ainsi de développer la production de matières premières secondaires et de favoriser leur intégration dans de nouvelles chaînes de valeur.

« Ce protocole d’accord nous permet de franchir une étape supplémentaire », déclare Kajsa Ryttberg-Wallgren, directrice générale d’Infiniteria Europe.

La dirigeante inscrit les deux projets français dans l’ambition de son entreprise de devenir un acteur majeur du recyclage circulaire des pneus en Europe.

Aliapur apporte son expérience de la collecte des pneumatiques

Pour préparer cette activité, Infiniteria se rapproche d’un acteur établi de la filière française.

Créé en 2004 par Bridgestone, Continental, Goodyear, Michelin et Pirelli, Aliapur organise la collecte et le traitement des pneus usagés dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP). Son activité s’appuie sur un réseau de collecteurs et d’opérateurs de valorisation présents sur le territoire national.

Le futur partenariat permettrait d’articuler cette organisation avec les besoins des installations d’Infiniteria. Les quantités à fournir et les modalités contractuelles restent à négocier.

Mathieu Chardin, directeur général d’Aliapur, présente cette coopération comme une contribution à la réindustrialisation française et à la transition écologique, tout en soulignant l’expertise de son partenaire dans la pyrolyse des pneumatiques.

Une expansion européenne soutenue par Antin Infrastructure Partners

Les projets français constituent l’un des volets du développement d’Infiniteria, coentreprise créée en 2023 et détenue majoritairement par Antin Infrastructure Partners, société d’investissement spécialisée dans les infrastructures.

L’entreprise ambitionne de bâtir une plateforme de recyclage des pneus par pyrolyse à grande échelle. Une première usine est en cours de développement à Uddevalla, en Suède, et d’autres projets sont envisagés sur plusieurs marchés.

Cette stratégie vise à accroître les capacités de recyclage tout en favorisant la récupération de ressources réutilisables. Sa réussite industrielle dépendra également des débouchés offerts aux produits issus du traitement des pneumatiques.

En France, plusieurs paramètres restent à définir. Les entreprises n’ont communiqué ni les localisations définitives, ni les capacités annuelles de traitement, ni le montant des investissements ou le calendrier de construction.

Le protocole signé avec Aliapur permet donc d’avancer sur la question de l’approvisionnement, sans préjuger de la réalisation des deux usines. Leur développement dépendra désormais de l’aboutissement des études et des accords nécessaires à leur mise en œuvre.

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