Pourquoi Anthony Bourbon (Qui veut être mon associé ?) a été condamné pour contrefaçon de marque européenne
Une décision rendue par le tribunal judiciaire de Paris met en cause la gestion des droits liés au nom commercial de Feed, à la suite d’un litige avec un acteur américain du secteur de la nutrition sportive. Sources : Libération (Kim Hullot-Guiot, 3 mars 2026), L’Informé, Voici (Apolline Tissier, 3 mars 2026)
Le 3 mars 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné solidairement le co-fondateur de Blast, Anthony Bourbon (le juré de Qui veut être mon associé ?) et sa société d’origine Feed — rebaptisée O.K.R. fin 2025 — à verser 179 416 euros à la société américaine TheFeed.com pour contrefaçon par imitation d’une marque verbale de l’Union européenne, juridiquement opposable en France.
Point essentiel : la décision repose sur cette marque européenne enregistrée, et non sur la seule existence d’un dépôt américain. Si TheFeed.com avait déposé son signe dès 2014 aux États-Unis, c’est l’antériorité reconnue au niveau de l’Union européenne qui a fondé juridiquement la condamnation.
La décision est assortie de l’exécution provisoire : le paiement est exigible immédiatement, même en cas d’appel.
Un conflit d’antériorité strictement circonscrit au droit des marques
Feed a été fondée en juin 2016, avec un lancement commercial début 2017. L’affaire a été inscrite au rôle du tribunal judiciaire de Paris le 6 novembre 2025.
En revanche, les demandes formulées au titre de la concurrence déloyale et du parasitisme ont été rejetées. Les prétentions initiales avoisinaient, selon la presse spécialisée, 2,2 millions d’euros ; la juridiction a strictement limité sa décision au terrain du droit des marques.
La condamnation est donc juridique et technique : elle ne sanctionne pas des pratiques commerciales globales, mais un conflit d’antériorité sur un signe distinctif protégé au niveau européen.
Un impact financier non négligeable dans un contexte déficitaire
Le montant de 179 416 euros peut sembler limité au regard des grands contentieux internationaux en matière de propriété intellectuelle. Il doit toutefois être apprécié à l’aune de la situation économique de l’entreprise.
Selon les données publiées par la presse spécialisée, la société aurait cumulé plus de 20 millions d’euros de pertes nettes depuis sa création, avec un chiffre d’affaires annuel récent d’environ 5 millions d’euros. Dans ce contexte, la condamnation ne constitue pas un simple ajustement marginal.
Pour une structure déficitaire, confrontée à des tensions financières et engagée dans une phase de restructuration, l’impact sur la trésorerie et le risque opérationnel est réel.
Des mesures susceptibles d’affecter directement l’activité
Toujours selon les éléments rapportés par la presse spécialisée, la décision comprendrait également :
- l’annulation des marques françaises « Feed », « Feed. » et « Feed.smartfood » ;
- le transfert de noms de domaine contenant le terme « feed » ;
- le retrait des produits concernés, avec destruction sous délai et astreinte.
Ces mesures, classiques en matière de contrefaçon de marque, peuvent avoir des conséquences opérationnelles structurantes : modification des packagings, ajustement du référencement numérique, reconfiguration de l’identité commerciale.
Pour une DNVB, dont la marque constitue l’actif immatériel central, le risque dépasse la seule indemnité.
Un rebranding engagé avant la décision
La transition vers O.K.R. a été amorcée fin 2025, avant le jugement. Ce calendrier suggère une anticipation du risque juridique.
Il souligne surtout que l’enjeu ne se limitait pas à un contentieux ponctuel, mais concernait la pérennité d’un actif stratégique.
Un rappel pour l’écosystème
Sur le plateau de Qui veut être mon associé ?, Anthony Bourbon incarne l’exigence entrepreneuriale et la rigueur stratégique. L’affaire rappelle que la protection d’une marque ne relève pas d’un détail administratif, mais d’une architecture juridique structurante.
Trois enseignements se dégagent :
- Une antériorité enregistrée au niveau de l’Union européenne est pleinement opposable en France.
- La sécurisation internationale des droits de marque doit précéder l’expansion commerciale.
- Dans une entreprise déficitaire, un contentieux de propriété intellectuelle peut amplifier les fragilités existantes.
Dans l’économie contemporaine, la marque est un actif juridique avant d’être un levier marketing. Lorsqu’elle est contestée, c’est la trajectoire même de l’entreprise qui se trouve redéfinie.
Reste que cet épisode dépasse le cas personnel d’Anthony Bourbon. Il interroge plus largement la manière dont les entrepreneurs médiatiques, devenus figures d’autorité, gèrent leurs propres angles morts juridiques. Sur le plateau de Qui veut être mon associé ?, aux côtés d’investisseurs comme Kelly Massol ou Eric Larchevêque, l’exigence porte souvent sur la solidité des fondamentaux : structure, trésorerie, propriété intellectuelle.
La décision du tribunal judiciaire de Paris rappelle que ces fondamentaux ne souffrent aucune approximation — même pour ceux qui les enseignent. Dans l’économie de la réputation, la maîtrise du droit des marques n’est pas une variable secondaire : elle conditionne la crédibilité, la valorisation et, in fine, la trajectoire stratégique.
















