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Anne Titoulet, du recrutement à la formation

À la tête du campus IGENSIA de Lyon depuis septembre 2026, Anne Titoulet coordonne les écoles et fait de l'insertion professionnelle une priorité. Portrait

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IGENSIA Education confie à Anne Titoulet le pilotage de son campus lyonnais
IGENSIA Education confie à Anne Titoulet le pilotage de son campus lyonnais
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Former pour un métier ne consiste plus seulement à enseigner les compétences qu’il exige aujourd’hui. Il faut aussi préparer les jeunes à des organisations qui changent, à des outils qui transforment les pratiques et à des carrières moins linéaires.

Dans son étude Skills in the AI Age, publiée en juillet 2026, l’OCDE souligne que l’intelligence artificielle transforme les tâches et les compétences attendues. Pour en tirer parti, les compétences numériques doivent s’articuler avec la résolution de problèmes, la communication, le travail en équipe et la capacité à apprendre tout au long de sa carrière.

Anne Titoulet a longtemps observé ces attentes depuis le recrutement. Entrée chez Randstad en 2001, elle y a occupé plusieurs fonctions, de responsable d’agence à directrice régionale. En 2020, elle rejoint le groupe IGS, devenu IGENSIA Education, pour diriger IGENSIA RH à Lyon.

Depuis le 1er septembre 2026, elle pilote le campus lyonnais dans son ensemble. Elle intervient désormais en amont, au moment où les compétences se construisent et où les orientations professionnelles se dessinent.

Le 14 octobre, lors de l’inauguration du nouveau campus, les dimensions du site donnaient la mesure de cette responsabilité : 8 094 m², sept entités réunies et 2 000 apprenants.

Pour Anne Titoulet, l’enjeu dépasse la gestion d’un bâtiment. « Moi, ce qui me tient le plus à cœur, c’est l’insertion professionnelle. »

Qui est Anne Titoulet, nouvelle directrice IGENSIA Lyon ?
Qui est Anne Titoulet, nouvelle directrice IGENSIA Lyon ?

Piloter un campus à partir de l’expérience de l’entreprise

Son parcours chez Randstad l’a également conduite à exercer des responsabilités de management et de développement commercial. Ces fonctions lui ont donné une expérience du pilotage d’activité, de la négociation et de la relation de service, qu’elle mobilise aujourd’hui dans un autre environnement.

À la direction du campus lyonnais, ces compétences prennent une dimension collective.

Il lui revient de piloter la performance opérationnelle du site et de développer son ancrage territorial, tout en fédérant les équipes autour d’une ambition commune. L’enjeu est de faire converger des organisations et des pratiques différentes sans effacer les spécificités des formations.

Cette responsabilité prolonge ainsi son parcours dans les ressources humaines, mais à une autre échelle : celle d’un établissement où la qualité du fonctionnement quotidien dépend autant de la coordination des équipes que de la cohérence du projet porté par le groupe.

Comment l’IA change-t-elle les compétences attendues par les employeurs ?
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Un campus pour faire dialoguer sept entités

Le campus lyonnais rassemble sept écoles sur 8 094 m². Il dispose de 46 salles de cours, d’espaces informatiques et de coworking, mais aussi d’un

  • plateau de télévision,
  • d’une régie
  • et d’un studio radio avec salle de rédaction, notamment utilisés par les étudiants de l’ISCPA.

Ces installations offrent des espaces de pratique adaptés à certaines formations, en complément des enseignements. Les caractéristiques du site figurent dans la présentation officielle du campus.

Au-delà des locaux, le défi consiste à faire coexister des formations et des équipes aux cultures pédagogiques différentes.

Anne Titoulet entend aussi favoriser les rencontres entre apprenants, au-delà de leur école.

« C’est important pour nous que le campus soit un lieu de vie dans lequel ils se sentent bien pour apprendre et pour échanger », explique-t-elle.

À la tête du site, elle cherche à fédérer les équipes autour d’objectifs communs et à renforcer les liens avec les acteurs économiques du territoire.

Lors de l’inauguration, le directeur général d’IGENSIA Education, Stéphane de Miollis, a également mis l’accent sur l’« expérience apprenant ». Le regroupement des écoles crée les conditions de rencontres entre disciplines et parcours.

L’enjeu est désormais de transformer cette proximité entre écoles en collaborations concrètes, au sein du campus comme avec les entreprises du territoire.

Campus IGENSIA Lyon, que propose-t-il aux étudiants ?
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L’alternance se réajuste après plusieurs années de croissance

L’un des liens les plus directs entre les formations et les entreprises passe par l’alternance. « Aujourd’hui, 70 % de nos jeunes sont en alternance », indique Anne Titoulet, en référence aux contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Elle souligne la fidélité des employeurs partenaires, dont le nombre reste difficile à établir : les relations peuvent se nouer avec des sièges nationaux comme avec des établissements locaux.

Cette dynamique locale s’inscrit dans un contexte national moins favorable.

Selon la note du ministère de l’Enseignement supérieur publiée en octobre 2026, 628 500 étudiants préparaient un diplôme du supérieur en apprentissage à la fin de 2025, soit 4 % de moins qu’un an auparavant. Après plusieurs années d’expansion, le dispositif entre dans une phase de réajustement, tandis que les aides publiques sont recentrées.

Les données de France compétences sur le financement de l’apprentissage éclairent cette évolution. Entre 2021 et 2024, le nombre de nouveaux contrats dans le secteur privé a progressé de 25 %, passant de 719 000 à 896 000.

Dans le même temps, les engagements financiers correspondants ont diminué de 3 %, à 15,6 milliards d’euros. Le coût moyen d’un contrat, hors rémunération de l’apprenti, est passé de 22 478 à 17 404 euros, tandis que les aides aux entreprises reculaient de 43 %.

La hausse du nombre de contrats ne s’est donc pas accompagnée d’une progression équivalente des financements. Pour les établissements, la capacité à entretenir des partenariats avec les employeurs prend une importance particulière dans un environnement où les conditions économiques de l’apprentissage évoluent.

Les stages constituent un autre moyen de confronter les enseignements aux réalités professionnelles.

Anne Titoulet y voit l’occasion de découvrir un métier et de se familiariser avec les codes de l’entreprise, le travail en équipe et les nouvelles organisations du travail.

Elle fait état de bons résultats d’insertion dans certaines filières d’IGENSIA, sans disposer d’un taux consolidé pour l’ensemble du campus.

À l’échelle nationale, un indicateur permet de situer les débouchés, sans préjuger des résultats de l’établissement. Selon la note d’information de la DEPP et de la Dares publiée le 25 juin 2026, 73 % des apprentis sortis en 2023 d’une formation de niveau CAP à BTS occupaient un emploi salarié en juillet 2025, deux ans après leur sortie.

Ce taux concerne cette population en France hors Mayotte ; il ne mesure ni l’insertion de l’ensemble des diplômés du supérieur ni celle des apprenants du campus lyonnais.

« Quand on aura réussi à faire cette adéquation, les jeunes, ils seront bien », résume-t-elle, faisant de la rencontre entre les compétences acquises et les besoins des entreprises le fil conducteur de son action.

Quel avenir pour le campus de Lyon après son inauguration ?
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