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Lyon-Turin, les voies ferrées réalisées par NGE entrent en service

À Saint-Jean-de-Maurienne, NGE achève trois ans de chantier et un marché de 24 millions d’euros pour préparer les futurs accès au tunnel du Mont-Cenis.

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Lyon-Turin, NGE achève trois ans de travaux ferroviaires à Saint-Jean-de-Maurienne-credit photo : Kaptis-SJM
Lyon-Turin, NGE achève trois ans de travaux ferroviaires à Saint-Jean-de-Maurienne credit photo : Kaptis-SJM
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Vingt-huit jours de travaux en continu pour raccorder les nouvelles voies au réseau ferré national. À Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, le groupe français de BTP NGE, à travers sa filiale TSO, a achevé un chantier engagé en 2023 auprès de SNCF Réseau, maître d’ouvrage délégué pour le compte de TELT sur cette opération du Lyon-Turin.

Après la mise sous tension des caténaires le 3 octobre, le premier train a circulé sur les nouvelles installations le 9 octobre, avant leur inauguration officielle dix jours plus tard.

Cette étape prépare la connexion de la ligne historique au futur tunnel de base du Mont-Cenis, dans le cadre de la transformation du nœud ferroviaire de Saint-Jean-de-Maurienne.

Un marché de 24 millions d’euros pour les voies et les caténaires

Attribué au groupement TSO SAS, TSO Caténaires, Offroy et Sages Rail, le marché MT104 représente près de 24 millions d’euros, selon TELT. Il comprend les études et les travaux de voies et de caténaires. Au total, NGE fait état de 12 kilomètres de voies ferrées posées, de 26 appareils de voie et de 17,2 kilomètres de fil de contact.

TSO Signalisation est également intervenue sur les équipements de signalisation dans le cadre du marché distinct MT108.

La phase finale, menée en septembre, a mobilisé les équipes jour et nuit pendant 28 jours.

Elle a notamment nécessité la dépose de l’équivalent de 4,5 kilomètres de voies et de caténaires en quatre jours. Ces interventions ont entraîné une interruption des circulations entre Chambéry et Modane, du 11 septembre au 9 octobre, pour permettre le raccordement des nouvelles installations au réseau existant.

Des marchés de 215 millions d’euros au sein d’un programme plus vaste

Le lot MT104 est distinct du marché MT103, attribué au groupement Eiffage pour 189,5 millions d’euros. Celui-ci porte notamment sur les plateformes ferroviaires, les ouvrages de soutènement, les protections acoustiques et le viaduc sur l’Arvan. Les deux contrats représentent ensemble environ 215 millions d’euros, au sein d’un programme d’interconnexion plus large. 

La prochaine étape concerne notamment la gare internationale définitive. Selon le calendrier présenté par TELT, sa construction doit débuter en 2027, avec une première mise en service partielle en 2030 sur la ligne historique, avant une exploitation complète prévue en 2033. Elle remplacera le pôle d’échanges provisoire ouvert en 2022.

NGE poursuit son activité dans le tunnel de base

L’achèvement du marché MT104 ne marque pas la fin de la participation de NGE au Lyon-Turin. Le groupe intervient également sur le chantier souterrain CO08, aux côtés d’Implenia et d’Itinera, pour l’excavation et le revêtement de 6,1 kilomètres d’ouvrages depuis l’entrée française du tunnel.

Cette intervention prolonge l’activité de NGE sur le projet, en mobilisant ses compétences en génie civil et en travaux ferroviaires. Le groupe annonce 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 25 000 collaborateurs.

Le coût et le calendrier du Lyon-Turin au cœur du débat européen

Le chantier s’inscrit dans un projet ferroviaire dont les coûts et les délais font l’objet d’un suivi attentif. Dans son rapport de janvier 2026, la Cour des comptes européenne évalue à 11,828 milliards d’euros, en valeur 2019, le coût révisé de la liaison Lyon-Turin examinée, soit une hausse de 127 % par rapport à l’estimation initiale réindexée.

Elle retient une mise en service prévisionnelle en 2033, contre 2030 lors de son précédent examen. European Court of Auditors.

TELT conteste toutefois la pertinence de cette comparaison historique. Le maître d’ouvrage rappelle que le projet approuvé en 2015, comprenant deux tubes ferroviaires, était évalué à 8,6 milliards d’euros, contre 11,1 milliards aujourd’hui, dans les deux cas en valeur 2012.

La Cour reconnaît que l’estimation initiale pouvait correspondre à un périmètre différent, le tunnel ayant d’abord été envisagé avec un seul tube. Les deux analyses reposent ainsi sur des références distinctes, sans remettre en cause l’augmentation du coût depuis 2015. 

Au-delà de ces divergences budgétaires, l’enjeu économique reste celui de l’utilisation future de la liaison. Son achèvement devra s’accompagner de raccordements performants et d’une offre ferroviaire compétitive pour favoriser le transfert d’une partie des marchandises de la route vers le rail entre la France et l’Italie.

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