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La Région Auvergne-Rhône-Alpes renforce les TER avec 29 rames face à la hausse des voyageurs

Avec 29 rames Regio2N, 460 millions d’euros investis et 300 recrutements, la Région Auvergne-Rhône-Alpes renforce son réseau TER face à la hausse du trafic. Décryptage

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La fréquentation des TER progresse fortement et la région investit dans trains et maintenance pour éviter la saturation du réseau
La fréquentation des TER progresse fortement et la région investit dans trains et maintenance pour éviter la saturation du réseau

Le trafic TER explose et la région Auvergne-Rhône-Alpes déploie un plan massif d’investissement

Les nouvelles rames Regio2N transforment la capacité ferroviaire en Auvergne-Rhône-Alpes

C’est un investissement qui change d’échelle : près de 3 milliards d’euros d’ici 2035. Pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le ferroviaire n’est plus seulement un service public à maintenir, mais s’inscrit de plus en plus dans une logique de développement de l’offre, face à une demande soutenue.

Une stratégie industrielle structurante, qui mobilise à la fois matériel roulant, infrastructures et emploi.

Une demande en forte croissance, plus rapide que prévu

Le point de départ est une dynamique de fréquentation soutenue. En dix ans, le réseau régional est passé de 180 000 voyageurs quotidiens à 250 000 aujourd’hui. Lors du lancement du plan, ils étaient 220 000.

L’objectif est désormais fixé à 300 000 usagers par jour en 2035.

« On continue quand même de progresser en nombre de voyageurs (…) on était il y a dix ans à 180 000 usagers par jour, on est à 250 000 aujourd’hui », souligne Frédéric Aguilera, vice-président de la Région délégué auxTransports.

Frédéric AGUILERA, vice-président de la Région délégué aux Transports
Frédéric AGUILERA, vice-président de la Région délégué aux Transports

Cette progression, plus rapide qu’anticipé, traduit une évolution structurelle des mobilités. Mais elle pose un défi immédiat : le succès du train alimente sa propre saturation.

460 millions d’euros sur le nœud lyonnais, 3 milliards à l’échelle régionale

Pour répondre à cette tension, la Région déploie un plan d’investissement d’ampleur. Sur le seul périmètre lyonnais et stéphanois :

  • 210 millions d’euros pour 19 rames Regio2N,
  • 124,8 millions d’euros pour 10 rames supplémentaires,
  • 100 millions d’euros pour l’atelier de maintenance de Saint-Étienne.

Soit près de 460 millions d’euros engagés.

À l’échelle régionale, l’effort atteint près de 3 milliards d’euros, intégrant matériel roulant et infrastructures. Le financement repose principalement sur la collectivité, avec un soutien de l’État à hauteur de 46 millions d’euros via le programme Mobilyse.

« C’est quand même considérable en trois-quatre ans de déploiement », insiste Frédéric Aguilera.

Frédéric AGUILERA
Frédéric AGUILERA

29 rames pour un saut capacitaire immédiat

D’ici fin 2027, 29 rames Regio2N seront progressivement mises en circulation. À ce jour, 14 sont déjà en service.

Chaque rame peut accueillir jusqu’à 699 voyageurs, un levier décisif pour augmenter rapidement la capacité.

Les cinq rames attendues fin 2026 représenteront près de 3 500 places supplémentaires, et les dix suivantes environ 7 000 places.

Ces trains desservent prioritairement les axes les plus fréquentés — Mâcon–Lyon–Valence, Lyon–Saint-Étienne, Lyon–Clermont-Ferrand, Lyon–Roanne — avec un effet d’entraînement attendu sur l’ensemble du réseau, notamment via le redéploiement de matériel en vue du terminus de Brignoud, près de Grenoble, prévu en 2028.

Ils intègrent également des équipements récents, comme la vidéoprotection et le comptage automatique des passagers.

TER : 3 milliards d’euros pour transformer un marché ferroviaire en pleine explosion
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Une amélioration réelle… mais sous tension

Les premiers effets sont visibles. La part des trains bondés aux heures de pointe est passée de plus de 8 % à environ 3,4 %.

« C’est divisé par plus de deux le nombre de trains bondés », souligne Frédéric Aguilera.

La Région Auvergne-Rhône-Alpes investit massivement dans ses TER pour accompagner une fréquentation en hausse constante
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Une amélioration significative, malgré une fréquentation en hausse, signe que le réseau parvient, pour l’instant, à absorber la hausse de fréquentation. Mais cette amélioration reste relative : pour une partie des usagers, la saturation demeure.

Une transformation industrielle lente et contrainte

Le ferroviaire impose un tempo particulier. « Le ferroviaire, c’est du temps long (…) cinq à dix ans », rappelle Frédéric Aguilera.

Les rames Regio2N ont été conçues par Bombardier Transport, aujourd’hui intégré à Alstom.Le déploiement a par ailleurs été ralenti par des retards dans la construction de l’atelier de Saint-Étienne.

« L’État nous a fait prendre du retard », affirme le vice-président — une déclaration que l’État n’a pas commentée à ce stade.

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Maintenance et emploi : un levier industriel clé

Augmenter le nombre de trains suppose d’investir dans leur entretien. Le nouvel atelier de Saint-Étienne (100 millions d’euros), complété par des adaptations à Vénissieux, constitue un maillon essentiel.

Cette montée en puissance se traduit aussi sur le plan de l’emploi. SNCF a recruté 300 agents supplémentaires pour absorber l’augmentation du parc.

« Plus de trains, ça fait plus de personnel (…) 300 agents ont été recrutés pour la maintenance », précise Frédéric Aguilera.

Frédéric AGUILERA, vice-président de la Région délégué aux Transports, Xavier Odo, conseiller de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Frédéric AGUILERA, vice-président de la Région délégué aux Transports, Xavier Odo, conseiller de la Région Auvergne-Rhône-Alpes

Améliorer le service au-delà de la capacité

Au-delà de la seule question des trains bondés, la Région affiche une ambition plus large.

« Notre idée, ce n’est pas simplement de s’attaquer aux trains bondés, c’est d’améliorer le service (…) augmenter les fréquences toute la journée avec des amplitudes plus importantes », explique le vice-président, dans une logique de RER métropolitain autour de Lyon.

Face à 250 000 voyageurs quotidiens, la Région Auvergne-Rhône-Alpes engage un plan ferroviaire sans précédent
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Un pari économique sous contraintes

Au final, la stratégie d’Auvergne-Rhône-Alpes repose sur un pari clair : accompagner une demande en forte croissance par un investissement massif et continu.

Mais plusieurs limites demeurent : dépendance à l’opérateur SNCF, délais industriels, contraintes de financement dans la durée ou encore arbitrages politiques.

Dans un marché en expansion, le ferroviaire s’impose comme un levier stratégique. Reste une inconnue majeure : la capacité à financer, dans la durée, une croissance du trafic plus rapide que prévu.

TER saturation la région déploie 29 rames supplémentaires d’ici 2027
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