
Ce que Business France apporte à l’internationalisation de l’économie française
Chargée d’accompagner les entreprises à l’international et d’attirer les investisseurs étrangers, Business France joue un rôle central dans l’économie française, aux effets réels mais parfois difficiles à isoler.
À l’occasion du One Health Summit de Lyon, dans les espaces du centre de congrès où se rencontrent chercheurs, industriels et acteurs publics, les échanges se multiplient autour des enjeux économiques et industriels de la santé, donnant à voir la diplomatie économique française dans sa dimension la plus concrète.
C’est dans ce cadre que Louis Margueritte, récemment nommé directeur général de Business France, présente les contours d’un opérateur public au rôle structurant dans l’internationalisation des entreprises françaises.
« L’enjeu, c’est d’aider les entreprises à accéder à des marchés où elles ne pourraient pas aller seules, en les mettant en relation avec les bons interlocuteurs », explique-t-il.
Née en 2015 de la fusion entre Ubifrance et l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), Business France intervient aujourd’hui sur trois axes :
- l’accompagnement des entreprises à l’international,
- le renforcement de l’attractivité du territoire et
- la gestion du programme V.I.E.
Une interrogation traverse toutefois ce modèle institutionnel : dans quelle mesure cet opérateur contribue-t-il à l’internationalisation de l’économie française, sans en maîtriser directement les effets économiques ?

Un opérateur public à modèle hybride
Business France est un établissement public industriel et commercial (EPIC), placé sous la tutelle des ministères de l’Économie et des Affaires étrangères. L’agence s’appuie sur environ 1 400 collaborateurs, dont près de 670 en France et 760 à l’international, présents dans 53 pays via 71 bureaux et un réseau de partenaires.
Son modèle repose sur une double logique : financement public et ressources issues de prestations d’accompagnement.
Cette configuration place l’opérateur dans une position intermédiaire entre action publique et logique de service aux entreprises.

Export : structurer des trajectoires dans un environnement concurrentiel
Sur le volet export, Business France intervient en amont des stratégies d’internationalisation. L’agence accompagne les entreprises dans
- l’identification de marchés,
- la structuration de leur approche et
- l’organisation de rendez-vous avec des acheteurs ou partenaires étrangers.
Son action repose sur un maillage territorial en France et un réseau international, permettant d’articuler diagnostic, prospection et mise en relation.
Selon une étude Ipsos citée par l’agence, les 11 310 entreprises accompagnées en 2025 auraient généré environ 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires additionnel à l’export, soit en moyenne 225 000 euros par entreprise. Ces entreprises auraient également contribué à la création ou l’anticipation de plus de 25 000 emplois.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte de recomposition du commerce extérieur français : le déficit commercial s’est établi à 69,2 milliards d’euros en 2025, en amélioration par rapport à l’année précédente, notamment sous l’effet d’une hausse des exportations de 2,5 %.
Ces données relèvent d’indicateurs agrégés issus du dossier de presse, dont l’attribution directe à l’action de l’opérateur ne peut être isolée.

Des géographies différenciées de l’action export
L’action de Business France s’inscrit dans une logique de priorisation géographique. L’Europe constitue un socle structurant de l’activité export des entreprises françaises, avec des marchés fortement intégrés où les échanges sont déjà établis.
D’autres zones relèvent davantage de dynamiques de croissance ou de consolidation progressive des positions françaises, notamment en Amérique du Sud et en Asie, où les implantations restent plus fragmentées.
Ces configurations impliquent des intensités d’accompagnement différenciées selon les marchés et le degré de maturité des entreprises.

Japon et Corée du Sud : accès à des environnements industriels complexes
C’est dans ce cadre que s’inscrit la mission menée au Japon et en Corée du Sud à l’occasion d’un déplacement présidentiel. Une quarantaine d’entreprises françaises ont été mobilisées dans des secteurs allant de l’énergie à la deeptech, en passant par la santé et l’industrie.
Ces marchés se caractérisent par des environnements industriels complexes, où l’accès repose à la fois sur l’intégration dans des réseaux locaux et sur la compétitivité technologique des offres.
Au Japon, les échanges commerciaux avec la France atteignent environ 15 milliards d’euros par an, avec plus de 600 filiales françaises implantées.
En Corée du Sud, ils dépassent 13 milliards d’euros, dans une économie caractérisée par un niveau de dépenses en R&D supérieur à 4 % du PIB et une forte intensité technologique.
Dans ces deux cas, les dynamiques économiques relèvent davantage de logiques de partenariat industriel que de simple prospection commerciale.

Attractivité : un rôle d’interface dans la concurrence internationale
Sur le volet investissement, Business France agit en coordination avec les Régions et les administrations économiques pour accompagner les projets étrangers en France.
L’agence intervient sur :
- la recherche de sites,
- la mise en relation institutionnelle
- et l’accompagnement opérationnel des investisseurs.
En 2025, 1 878 décisions d’investissement étranger ont été recensées en France, représentant environ 47 700 emplois créés ou maintenus. Près de 60 % de ces projets auraient bénéficié d’un accompagnement de Business France.
Les implantations restent fortement territorialisées : près de la moitié concernent des communes de moins de 20 000 habitants, tandis que les projets industriels et technologiques concentrent une part importante des emplois.
Selon le baromètre EY 2025, la France demeure la première destination européenne des investissements greenfield, sur ce segment spécifique de comparaison.

Le V.I.E : un dispositif d’insertion internationale
Le programme V.I.E permet à des jeunes de 18 à 28 ans d’effectuer une mission professionnelle à l’étranger pour le compte d’entreprises françaises.
Plus de 110 000 volontariats ont été réalisés depuis sa création. Environ 11 500 jeunes sont actuellement en poste dans plus de 100 pays.
Selon une étude EDHEC–Business France, plus de 85 % des anciens V.I.E retrouvent un emploi dans les six mois suivant leur mission, illustrant un rôle d’accélération de l’insertion professionnelle et de l’exposition internationale.

Team France Export : une coordination à géométrie variable
La Team France Export regroupe Business France, les CCI et plusieurs partenaires publics et territoriaux autour d’un objectif commun :
Dans les faits, le niveau d’intégration varie selon les territoires et les secteurs. Certaines configurations reposent sur une coordination étroite entre acteurs, tandis que d’autres conservent des organisations plus parallèles, ce qui peut affecter la lisibilité du dispositif pour les entreprises, notamment les primo-exportateurs.

Une influence réelle, mais indirecte
Business France occupe une position centrale dans l’écosystème public d’accompagnement à l’internationalisation de l’économie française.
Son action combine soutien à l’export, renforcement de l’attractivité et gestion d’un dispositif de mobilité internationale à grande échelle. Les effets observables — entreprises accompagnées, investissements facilités, jeunes en mission — s’inscrivent toutefois dans des dynamiques économiques plus larges, dont l’attribution directe ne peut être strictement isolée.
Son influence est réelle, mais indirecte : elle varie selon les secteurs, les marchés et le degré de maturité des entreprises accompagnées.





















