Une gouvernance à quatre vice-présidents pour couvrir tous les maillons de l’innovation
Le pôle de compétitivité Minalogic a reconduit fin mars son président, Serge Veyres, pour un nouveau mandat de deux ans. Une décision qui prolonge un modèle installé depuis près de vingt ans, fondé sur la mise en réseau d’industriels, de PME technologiques et d’acteurs de la recherche.
Un président au profil industriel et entrepreneurial
Ingénieur de formation, passé par Photonetics puis Philips Car Systems, Serge Veyres a ensuite dirigé pendant seize ans la société Alpwise, spécialisée dans les technologies sans fil.
L’entreprise, qu’il développe à partir de 2004, est acquise en 2020 par STMicroelectronics afin de renforcer ses activités dans le wireless.
Il occupe depuis des fonctions liées à l’innovation et aux partenariats au sein du groupe à Grenoble.
Son parcours illustre l’un des objectifs des pôles de compétitivité : accompagner le développement de PME technologiques jusqu’à leur intégration dans des groupes industriels.
Une gouvernance structurée par grands équilibres
La nouvelle gouvernance repose sur une organisation classique pour ce type de structure, avec quatre vice-présidents représentant les PME, les grands groupes, la recherche et les fonctions financières.
Au total, 19 administrateurs ont été élus pour représenter les différentes catégories d’adhérents du pôle.
Cette organisation vise à refléter la diversité de l’écosystème et à favoriser les projets collaboratifs.
Un écosystème numérique structuré depuis vingt ans
Créé en 2005, Minalogic fédère aujourd’hui 450 adhérents, dont 380 entreprises et 17 organismes de recherche et de formation regroupant plus de 150 laboratoires.
Le pôle se positionne sur la transformation numérique, avec trois missions principales : animation de réseau, accompagnement de projets d’innovation et valorisation de l’expertise technologique.
Depuis sa création, il a accompagné et labellisé 1 048 projets de R&D, représentant 2,9 milliards d’euros d’investissements, dont 1,2 milliard d’euros de financements publics.
Une activité soutenue, dont le communiqué souligne l’effet de levier financier.
Au cœur du modèle, la mise en relation des acteurs
Au-delà du financement, le modèle repose sur l’interconnexion des acteurs : entreprises, laboratoires, collectivités et investisseurs.
Minalogic indique avoir initié près de 3 000 mises en relation ciblées et organisé plus de 16 300 rendez-vous B2B depuis sa création.
Ces dispositifs visent à faire émerger des projets collaboratifs et à structurer un écosystème régional à vocation internationale.
Une continuité qui pose la question de l’impact
Dans son communiqué, le pôle inscrit son action dans des objectifs de compétitivité, de développement économique et de souveraineté technologique.
Mais une question demeure en creux : que deviennent ces projets une fois financés ?
Le document met en avant le volume de projets accompagnés et les montants engagés, sans préciser combien ont donné lieu à des développements industriels, à la création d’entreprises ou à une mise sur le marché.
La reconduction de la gouvernance prolonge ainsi un modèle éprouvé, dans un contexte où l’enjeu se déplace : il ne s’agit plus seulement de faire émerger des projets collaboratifs, mais d’en mesurer la capacité à déboucher sur des entreprises capables d’industrialiser, d’exporter et de créer de l’emploi.



















