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Bpifrance soutient 12 560 entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes et révèle une économie à plusieurs vitesses

En 2025, l’institution publique renforce son action en région avec un effet de levier massif, révélant une transformation économique marquée par des écarts croissants entre entreprises.

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Yvan Demars et Charles-Eric Baltoglu lors de la présentation du bilan d’activité 2025 de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon, le 20 avril 2026
Yvan Demars et Charles-Eric Baltoglu lors de la présentation du bilan d’activité 2025 de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon, le 20 avril 2026
Ce que le bilan 2025 de Bpifrance révèle sur les entreprises qui vont décrocher en Auvergne-Rhône-Alpes

Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes : derrière les bons chiffres, une économie en recomposition

Ce que le bilan 2025 de Bpifrance révèle sur les entreprises qui vont décrocher en Auvergne-Rhône-Alpes

À Lyon, Bpifrance présente un bilan 2025 en progression. Mais derrière la stabilité apparente des chiffres, un autre mouvement se dessine : celui d’une économie régionale en recomposition rapide, où la croissance s’accompagne d’une polarisation plus nette des trajectoires d’entreprises.


11,4 milliards d’euros mobilisés, +5 % sur un an, plus de 12 500 entreprises accompagnées.


Le total des financements directs atteint 4,8 Md€, complété par un effet de levier important sur les banques et investisseurs privés.

Les indicateurs progressent. Mais leur lecture dépend du prisme adopté — et des acteurs capables, ou non, de capter ces ressources.

Pour Yvan Demars, la logique dépasse la seule performance financière :


« Notre ambition, c’est l’impact. Plus on touche d’entreprises, plus on transforme le tissu économique. »

Yvan Demars, Directeur du Réseau Auvergne-Rhône-Alpes
Yvan Demars, Directeur du Réseau Auvergne-Rhône-Alpes

En un an, 920 entreprises ont été accompagnées dans le cadre de dispositifs structurants, traduisant un élargissement du spectre d’intervention :

  • des projets plus en amont,
  • des entreprises moins structurées,
  • et des besoins parfois encore implicites.

Mais cet élargissement ne se traduit pas par une diffusion homogène : les dispositifs ne se distribuent pas uniformément selon le degré de structuration des entreprises.

Bilan_dactivite_2025_Bpifrance_AURA
Bilan_dactivite_2025_Bpifrance_AURA

L’industrie devient la priorité assumée de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes

L’industrie concentre l’essentiel de cette stratégie.


Elle représente près de 30 % des encours de Bpifrance pour moins de 10 % du poids économique régional. Un déséquilibre assumé, revendiqué comme un choix de politique économique.

« C’est un secteur plus risqué, mais c’est là qu’il faut être », résume Charles-Eric Baltoglu, Directeur Régional Lyon chez Bpifrance.

Charles-Eric Baltoglu, Directeur Régional Lyon chez Bpifrance
Charles-Eric Baltoglu, Directeur Régional Lyon chez Bpifrance

En 2025, l’industrie concentre :


  • 1,4 milliard d’euros de financements,
  • 1 655 entreprises accompagnées,

  • une dynamique marquée sur l’innovation et l’export (+30 %).

Derrière ces chiffres, une réalité plus contrastée : les entreprises déjà structurées captent plus facilement ces effets d’entraînement, tandis que d’autres restent en marge des dynamiques les plus porteuses.

L’industrie devient la priorité assumée de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes
L’industrie devient la priorité assumée de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes

Forécreu accélère sa montée en gamme industrielle à l’international

Dans ce paysage industriel, Forécreu illustre une trajectoire de transformation.


Basée à Malicorne (Allier), l’entreprise spécialisée dans les barres à trous et multi-trous à paroi épaisse a engagé un repositionnement stratégique avec l’acquisition de Grover Precision en 2025.

Au-delà de l’opération capitalistique, l’enjeu est industriel : monter en gamme, sécuriser des débouchés internationaux et se repositionner dans des chaînes de valeur plus complexes.


Elle illustre aussi un modèle régional fréquent : des PME industrielles capables de se renforcer par l’internationalisation et la montée en gamme — mais à des rythmes qui restent fortement dépendants de leur maturité initiale et de leur capacité à mobiliser les bons leviers.

Garantie bancaire : le socle discret du financement régional

Derrière les dispositifs les plus visibles, la garantie bancaire reste le principal outil de diffusion de Bpifrance dans le tissu économique régional.

En 2025, 10 421 entreprises ont bénéficié de garanties bancaires, pour un volume mobilisé de 831 millions d’euros.

Ce mécanisme permet de sécuriser les financements accordés par les banques privées et d’élargir l’accès au crédit pour des entreprises parfois plus fragiles ou moins capitalisées.

Il constitue aussi l’un des principaux leviers d’effet multiplicateur de l’action publique régionale.

Du financement à la décision — comment Bpifrance change de rôle auprès des dirigeants
Du financement à la décision — comment Bpifrance change de rôle auprès des dirigeants

Énergie : sécuriser avant de transformer

Les tensions industrielles se cristallisent d’abord sur l’énergie. 
L’instabilité des coûts reste un facteur structurant des décisions d’investissement. L’enjeu n’est plus seulement la réduction des charges, mais la capacité à se projeter dans le temps.

« Ce qu’un industriel recherche, c’est de la stabilité », souligne Yvan Demars.

Les réponses combinent plusieurs leviers :


  • électrification progressive,
  • 
production locale d’énergie (photovoltaïque, autoconsommation),
  • contractualisation long terme.

Dans certains cas, les dispositifs d’accompagnement permettent des gains rapides, parfois dès la première année.

Parmi les outils mobilisés figure le prêt flash carburant, destiné aux entreprises dont le carburant représente plus de 5 % du chiffre d’affaires. D’un montant pouvant atteindre 50 000 euros, il permet de lisser les chocs de trésorerie liés aux variations de prix.

En 2025 :


  • 154 millions d’euros de prêts climat engagés (+16 %),

  • plus de 500 entreprises accompagnées,

  • 532 entreprises engagées dans la communauté Coq Vert.

La transition devient progressivement un levier de compétitivité. Ses bénéfices restent toutefois asymétriques selon la capacité des entreprises à investir et à anticiper.

Deeptech, santé et innovation : une économie du temps long

En parallèle, une autre dynamique s’installe : celle de l’innovation à horizon long.

Bpifrance mobilise 664 millions d’euros pour l’innovation dans la région, dont une part significative dans la santé.


L’intervention se fait très en amont, avec des aides pouvant atteindre 90 000 euros pour amorcer des projets issus de la recherche.

Dans certains cas, des entreprises issues de travaux académiques passent de financements initiaux modestes à des levées de plusieurs millions d’euros en quelques années.

Cette logique d’amorçage s’inscrit dans un écosystème structuré, où la santé représente près d’un quart des dispositifs d’innovation — un domaine à fort potentiel, mais exigeant en capital, en temps et en accompagnement.

Deeptech et santé — une économie du temps long qui monte en puissance discrètement
Deeptech et santé — une économie du temps long qui monte en puissance discrètement

Défense : un axe stratégique qui monte en puissance

Autre secteur désormais identifié comme stratégique : la défense.

Bpifrance a mobilisé 9 millions d’euros d’investissements directs dans la filière régionale, accompagné 14 entreprises via ses accélérateurs et réalisé 68 missions de conseil spécialisées.

Dans un contexte de réindustrialisation et de montée des enjeux de souveraineté, cette activité traduit une diversification croissante des priorités d’intervention.

Bpifrance renforce la Banque de la Défense pour sécuriser la souveraineté industrielle
Bpifrance renforce la Banque de la Défense pour sécuriser la souveraineté industrielle

Bpifrance accélère l’export des entreprises régionales à l’international

L’accompagnement à l’international s’appuie sur une coordination renforcée. 
La Team France Export, qui réunit Bpifrance, Business France et les CCI, structure l’appui aux entreprises exportatrices.

En 2025, plus de 415 entreprises ont été accompagnées à l’international, pour un total de 1,2 milliard d’euros de financements liés à l’export.

Cette dynamique est soutenue par un partenariat renforcé avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui mobilise 83 millions d’euros pour cofinancer les dispositifs de soutien aux entreprises et accélérer leur développement.

Ce modèle repose largement sur un effet de levier avec les acteurs privés. Mais il pose aussi une question implicite : celle de l’accès au financement, certaines entreprises étant mieux armées que d’autres pour mobiliser ces ressources et dialoguer avec les partenaires bancaires.

Au-delà des filières exportatrices, l’action publique s’étend aussi à des segments plus éloignés des circuits économiques structurés.

Quartiers 2030 et accélérateurs : élargir mais filtrer

L’élargissement de l’action publique passe aussi par des dispositifs sociaux et de transformation.

Le programme Quartiers 2030 a permis d’accompagner 4 585 entrepreneurs issus des quartiers prioritaires, dans une logique d’inclusion économique assumée.

Dans le même mouvement, l’accélérateur “Accélérer ma transformation en ETI”, en huitième promotion avec la Région, accompagne des entreprises en phase de changement d’échelle et de structuration de leur croissance.

Deux logiques coexistent : ouverture du spectre d’intervention et intensification de l’accompagnement — avec, en creux, des effets d’accès inégaux aux dispositifs les plus structurants.

Quartiers 2030 — quand Bpifrance élargit l'accès à l'entrepreneuriat hors des sentiers battus
Quartiers 2030 — quand Bpifrance élargit l’accès à l’entrepreneuriat hors des sentiers battus

Recrutement : contrainte structurelle et enjeu d’image

Le frein principal reste humain.

Dans plusieurs bassins industriels, les tensions de recrutement limitent directement la capacité de production. La difficulté ne tient plus seulement au nombre de postes ouverts, mais à l’adéquation entre compétences et besoins industriels.

Certaines entreprises développent leurs propres formations pour sécuriser leurs équipes, internalisant une partie de la réponse au déficit de compétences.

Le French Fab Tour participe à cette transformation de perception.


« Quand ils visitent, ils ne voient plus Germinal », observe le directeur régional Charles-Éric Baltoglu, en référence à l’écart persistant entre l’image héritée de l’industrie et la réalité des sites de production.

Le French Fab Tour s’impose comme un outil clé pour l’emploi industriel en région
Le French Fab Tour s’impose comme un outil clé pour l’emploi industriel en région

Transmission : un angle mort persistant

La transmission reste un point critique.

De nombreuses entreprises arrivent à des moments de bascule sans repreneur identifié. Le sujet reste souvent discret, parfois différé.

Le Directeur Bpifrance du réseau Auvergne-Rhône-Alpes, Yvan Demars le formule sans détour : certaines entreprises cessent leur activité non pas pour des raisons économiques, mais faute de repreneur.

Yvan Demars et Charles-Eric Baltoglu présentent le bilan d’activité 2025 de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la direction régionale de Lyon, lundi 20 avril 2026, à l’Immeuble Le Be Sens (186 avenue Thiers, 69006 Lyon)
Yvan Demars et Charles-Eric Baltoglu présentent le bilan d’activité 2025 de Bpifrance en Auvergne-Rhône-Alpes, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à la direction régionale de Lyon, lundi 20 avril 2026, à l’Immeuble Le Be Sens (186 avenue Thiers, 69006 Lyon)

Derrière les dispositifs classiques se joue aussi une dimension plus psychologique : la difficulté, pour certains dirigeants, à se positionner comme vendeurs sans fragiliser leur entreprise.

Accompagner : du financement à la décision

Le rôle de Bpifrance évolue progressivement.

En 2025, près de 1 000 missions de conseil et 920 entreprises accompagnées traduisent un déplacement du métier : du financement vers l’aide à la décision stratégique.

« Un chef d’entreprise a le nez dans le guidon. Notre rôle, c’est de lui apporter du recul », résume Charles-Éric Baltoglu.

L’accompagnement devient un levier d’orientation — mais aussi, de fait, un facteur de tri entre entreprises capables d’activer ces ressources et celles qui en restent éloignées.

Yvan DEMARS, Directeur du réseau Auvergne-Rhône-Alpes,et Charles-Éric Baltoglu, Directeur régional présentent le bilan d’activité 2025 de Bpifrance Auvergne-Rhône-Alpes, ce 20 avril 2026
Yvan DEMARS, Directeur du réseau Auvergne-Rhône-Alpes,et Charles-Éric Baltoglu, Directeur régional présentent le bilan d’activité 2025 de Bpifrance Auvergne-Rhône-Alpes, ce 20 avril 2026

Une économie en recomposition et sous sélection

Ce que dessine le bilan 2025 dépasse la simple croissance des volumes.

  • Industrie sous contrainte énergétique.
  • Innovation portée par la santé et la deeptech.
  • Export structuré à l’échelle internationale.
  • Recrutement sous tension.Transmission fragile.
  • Territoires contrastés, entre métropoles dynamiques et zones industrielles plus exposées.

Une logique commune se dessine : celle d’une économie à plusieurs vitesses, où les dynamiques se hiérarchisent et où les écarts de trajectoire se creusent.

Toutes les entreprises n’ont pas la même capacité à absorber ce rythme. La recomposition n’est plus un mouvement. C’est déjà une sélection.

Voir le Bilan_dactivite_2025_Bpifrance_AURA

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