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À Lyon 6, Benjamin et Alexandra reprennent B comme Boucherie sans en changer l’identité

Une reprise de boucherie saluée par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Lyon-Rhône,, où transmission, apprentissage et produits régionaux guident chaque décision.

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Gérald AVAKIAN, Christophe BERNOLLIN, Marie-Hélène MATHIEU, Alexandra avec Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot, Didier LATAPIE, Samuel SOULIER
Gérald AVAKIAN, Christophe BERNOLLIN, Marie-Hélène MATHIEU, Alexandra avec Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot, Didier LATAPIE, Samuel SOULIER
Portrait

Pourquoi une délégation de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Lyon-Rhône choisit-elle de s’arrêter dans une boucherie de quartier un lundi après-midi ? La réponse dépasse largement le cadre d’une visite protocolaire.

Le 29 juin, après une première étape à la Coutellerie Poly, Christophe Bernollin, président de la CMA Lyon-Rhône, était accompagné de Didier Latapie, vice-président de la CMA, de Marie-Hélène Mathieu, vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge du commerce, de l’artisanat et de l’économie de proximité, de Samuel Soulier, maire du 6e arrondissement, et de Gérald Avakian, conseiller au commerce, à l’artisanat et à l’emploi, pour découvrir B comme Boucherie.

Cette visite s’inscrivait dans une série de rencontres destinées à valoriser des artisans dont le parcours participe à la vitalité économique du territoire.

Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra, tous deux gérants de B comme Boucherie Lyon 6
Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra, tous deux gérants de B comme Boucherie Lyon 6

Une reprise fondée sur la transmission

Si cette jeune entreprise a retenu l’attention de la CMA Lyon-Rhône, c’est parce qu’elle raconte une autre manière d’entreprendre.

À 19 ans, Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot choisit l’apprentissage plutôt qu’un départ à l’étranger.

Pendant cinq ans, il se forme à la boucherie Barithel, où il apprend les gestes du métier mais aussi l’importance de la relation avec les clients.

« On apprend une méthode de travail, la vente, le contact avec les clients.

Un jeune qui sort d’études ne peut pas avoir les connaissances de quelqu’un qui exerce depuis quinze ans », explique-t-il.

Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot, gérant de B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin
Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot, gérant de B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin, avec sa compagne Alexandra

C’est aussi derrière ce comptoir qu’il rencontre Alexandra. Cliente régulière pendant plus de deux ans, elle attire rapidement son attention.

« Je faisais tout pour que ce soit moi qui la serve », raconte-t-il avec le sourire. Quelques années plus tard, ils reprennent ensemble B comme Boucherie.

Une boucherie de quartier portée par un couple complémentaire
Une boucherie de quartier portée par un couple complémentaire

Préserver un héritage plutôt que tout réinventer

Le 15 septembre, lorsqu’ils prennent les commandes de la boucherie, ils refusent de céder à la tentation de tout transformer.

« Nous ne voulions pas que les clients aient l’impression que deux jeunes arrivaient pour tout changer. Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne ? »

Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra, tous deux gérants de B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin
Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra Demarque, tous deux gérants de B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin

Le couple conserve les recettes de charcuterie, les plats préparés et l’esprit de la boutique transmis par leur prédécesseur, Olivier. À leurs yeux, reprendre une entreprise ne consiste pas à effacer son histoire mais à la prolonger.

Le pari semble avoir trouvé son public. Les habitués ont retrouvé leurs repères, la clientèle est restée fidèle et le commerce poursuit son développement dans la continuité de ce qui faisait sa réputation.

Alexandra Demarque, Dessinatrice indépendante et co gérante de B comme Boucherie
Alexandra Demarque, Dessinatrice indépendante et co gérante de B comme Boucherie

Une entreprise portée à deux

Aujourd’hui, Benjamin et Alexandra dirigent ensemble la boucherie.

Si Benjamin est artisan boucher de formation, Alexandra travaille chaque jour à ses côtés. Accueil des clients, préparation des commandes, vente, découverte des morceaux et des préparations bouchères : elle apprend progressivement toutes les facettes du métier.

Alexandra Demarque et Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot
Alexandra Demarque et Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot

« Au départ, je ne connaissais rien à la boucherie. Benjamin m’a montré, expliqué, il a pris le temps. J’apprends encore tous les jours », raconte-t-elle.

Son métier d’illustratrice trouve déjà une place dans la boucherie, où elle a réalisé une carte illustrée des provenances des viandes.

C’est elle qui a conçu la carte affichée dans la boutique permettant aux clients de visualiser la provenance des viandes.

Elle imagine déjà aller plus loin avec un manuel illustré ou une bande dessinée consacrée au métier de boucher.

La CMA CMA Lyon-Rhône met à l'honneur la reprise réussie de B comme Boucherie
La CMA CMA Lyon-Rhône met à l’honneur la reprise réussie de B comme Boucherie

Des circuits courts comme prolongement de leur démarche

Les évolutions apportées au commerce concernent finalement moins son identité que la manière de valoriser les produits.

Benjamin et son compagne privilégient des élevages régionaux, convaincu que la proximité avec les producteurs participe autant à la qualité qu’à la confiance des clients. Bœuf charolais de Saône-et-Loire, porc du Cantal, volailles du Forez, agneau de l’Aveyron ou encore veau de Corrèze composent l’essentiel des approvisionnements.

Pour rendre cette démarche plus lisible, Alexandra a imaginé une carte illustrée permettant aux clients de découvrir l’origine des viandes proposées en vitrine. Une évolution discrète, fidèle à leur philosophie : faire évoluer le commerce sans rompre avec son identité.

Un cambriolage n'a pas freiné le développement de la jeune entreprise
Un cambriolage n’a pas freiné le développement de la jeune entreprise

Une première année déjà marquée par une épreuve

Dans la nuit du jeudi 18 juin, quelques mois seulement après la reprise, la boutique est cambriolée malgré les alarmes et les caméras de surveillance.

Au petit matin, Benjamin découvre la porte fracturée. Avant de pouvoir ouvrir, il doit attendre l’intervention de la police pour les relevés d’empreintes, puis la réparation de la porte.

« Je me suis demandé si je devais pleurer, rentrer chez moi ou ouvrir le magasin », confie-t-il.

Au-delà des dégâts matériels, le jeune artisan veut surtout sensibiliser aux difficultés auxquelles sont confrontés les commerces de proximité.

« Si notre expérience peut permettre à d’autres commerçants d’être plus vigilants, ce sera déjà positif. Au final, on en sort un peu plus forts. »

Christophe BERNOLLIN, Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Lyon-Rhône, Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra, Didier LATAPIE, vice-président de la CMA Lyon-Rhône - B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6
Christophe BERNOLLIN, Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Lyon-Rhône, Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot et sa compagne Alexandra, Didier LATAPIE, vice-président de la CMA Lyon-Rhône – B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6

Une reconnaissance qui dépasse leur seule histoire

Pour Christophe Bernollin, Benjamin-Hugues Pierrain-Galliot réunit plusieurs enjeux auxquels l’artisanat est confronté :

  • l’apprentissage,
  • la reprise d’entreprise
  • et la transmission d’un savoir-faire.

« Il coche toutes les cases », résume le président de la CMA.

Pour Benjamin, cette visite marque une étape dans un parcours commencé par l’apprentissage, puis enrichi de plusieurs années d’expérience comme salarié.

« Pour nous, c’est une reconnaissance. On sait que le travail qu’on fournit tous les jours a une répercussion.

Si on nous avait dit, il y a quelques années, que le maire, les élus et les cadres de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Lyon-Rhône viendraient visiter notre boucherie, je ne l’aurais jamais cru. »

Au-delà de l’histoire de B comme Boucherie, cette reprise rappelle qu’une entreprise artisanale ne se transmet pas uniquement par la signature d’un acte de vente.

Elle se transmet aussi par un savoir-faire, une clientèle, une confiance patiemment construite et la volonté de faire vivre un héritage plutôt que de le remplacer.

B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6
B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6
Alexandra Demarque, co gérante B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6
Alexandra Demarque, co gérante B comme Boucherie – 66 rue Duguesclin Lyon 6
Boucherie Lyon 6e, transmission et circuits courts au menu
Boucherie Lyon 6e, transmission et circuits courts au menu

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