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Dans les nouveaux bureaux d’Odoo France, au quatrième étage d’un immeuble du boulevard Vivier-Merle, les invités découvrent des espaces encore inoccupés mais appelés à accueillir plusieurs dizaines de collaborateurs supplémentaires dans les prochains mois.
Partenaires, chefs d’entreprise, représentants institutionnels et nouveaux salariés se mêlent dans les locaux inaugurés ce 24 juin. Lorsque Joséphine Vander Linden prend la parole pour ouvrir la soirée, un détail provoque quelques sourires dans l’assistance.

« Pas de micro, on a oublié. »
L’anecdote est légère. Elle traduit aussi le caractère encore récent d’un projet lancé officiellement quelques semaines plus tôt.
Derrière cette inauguration se joue en effet une étape importante pour l’éditeur belge de logiciels de gestion, qui ouvre à Lyon sa première filiale française après plusieurs années de croissance sur le marché hexagonal.
L’entreprise entend ainsi se rapprocher de ses clients et de ses partenaires tout en renforçant sa présence sur un marché appelé à connaître d’importantes évolutions réglementaires dans les prochains mois.

Un acteur européen en forte croissance
Créé il y a plus de vingt ans en Belgique par Fabien Pinckaers, Odoo développe une suite de logiciels couvrant les principaux besoins de gestion des entreprises, de la comptabilité aux ressources humaines en passant par la facturation, la logistique ou le commerce.
Au fil des années, l’entreprise a progressivement étendu sa présence à l’international.
Selon les chiffres présentés lors de l’inauguration, elle compte aujourd’hui près de 8 000 collaborateurs et des bureaux dans 19 pays.
Le marché français occupe une place croissante dans sa stratégie européenne.
Odoo y revendique plus de 14 000 clients payants. Lors de son intervention, Joséphine Vander Linden a indiqué que l’activité enregistrait une croissance supérieure à 200 % entre 2024 et 2025, illustrant la dynamique actuelle du marché français.
Pour l’entreprise, ce chiffre reste limité au regard du potentiel du marché. La France compte entre quatre et cinq millions d’entreprises, dont près de 99 % sont des TPE ou des PME.

Pourquoi Lyon s’est imposée
Le choix de Lyon résulte d’une réflexion engagée depuis plusieurs années.
Plusieurs villes ont été étudiées avant que la métropole lyonnaise ne soit retenue. Bordeaux figurait notamment parmi les options envisagées.
Pour Odoo, plusieurs critères ont pesé dans la décision :
- la qualité de vie,
- l’accessibilité,
- le dynamisme économique local
- mais aussi la capacité du territoire à attirer et former des talents.
L’entreprise a également bénéficié de l’accompagnement d‘ONLYLYON Invest, l’agence d’attractivité économique copilotée par la Métropole de Lyon et la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne.
Présent lors de l’inauguration, Léo Tardy a rappelé le rôle joué par la structure dans l’accompagnement des entreprises souhaitant s’implanter sur le territoire.
Le choix de la Part-Dieu s’inscrit également dans cette logique. Principal quartier d’affaires de la métropole lyonnaise, il offre un accès direct aux réseaux ferroviaires, aériens et autoroutiers qui irriguent le territoire.
Pour Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, cette implantation illustre également l’attractivité économique de la région.
La facturation électronique comme catalyseur
Au-delà du choix géographique, le calendrier de cette implantation n’a rien d’un hasard.
À partir de septembre 2026, les entreprises françaises entreront progressivement dans le dispositif de facturation électronique voulu par les pouvoirs publics.
Cette réforme oblige de nombreuses organisations à s’équiper de solutions compatibles pour émettre, recevoir et transmettre leurs factures. Pour les éditeurs de logiciels de gestion, elle ouvre donc une période de renouvellement et de modernisation des outils utilisés par les entreprises.
Le marché est notamment animé par des acteurs comme Sage, Cegid, Microsoft Dynamics, SAP Business One ou Odoo.
L’entreprise belge met en avant l’expérience acquise dans d’autres pays européens déjà engagés dans cette transition.
Afin d’accompagner cette évolution, Odoo prévoit l’organisation d’une centaine de formations gratuites à travers la France d’ici la fin de l’année.
La société indique également vouloir poursuivre l’adaptation de ses solutions aux spécificités françaises, notamment dans les domaines de la comptabilité, de la paie et des obligations réglementaires.

Une centaine de salariés visés à Lyon d’ici fin 2026
L’installation lyonnaise s’accompagne d’un important plan de recrutement.
Une vingtaine de collaborateurs ont déjà rejoint la filiale française et une cinquantaine de postes restaient ouverts au moment de l’inauguration.
L’objectif affiché est d’atteindre entre 80 et 100 salariés d’ici la fin de l’année.
Pour accompagner cette montée en puissance, une quinzaine de collaborateurs expérimentés ont également été transférés depuis la Belgique afin de participer à la structuration de la nouvelle entité.
Pendant que Joséphine Vander Linden détaille les ambitions de la filiale, les premières recrues terminent leur formation dans les bureaux voisins. Elles constituent le noyau d’une équipe appelée à grandir rapidement dans les prochains mois.
Les locaux eux-mêmes reflètent cette ambition. Occupant aujourd’hui près de 500 m², ils doivent dépasser les 2 000 m² dès l’automne prochain.

Un bureau physique à l’heure du numérique
Au-delà des effectifs, l’ouverture d’une implantation locale répond également à une logique de présence sur le terrain.
Parmi les personnalités présentes figurait Valérie Lorentz-Poinsot, présidente de la commission économique de la Métropole de Lyon.
Son intervention a rappelé une réalité régulièrement évoquée par les acteurs économiques malgré l’essor du travail à distance et des outils numériques.
Pour l’élue métropolitaine, la présence physique demeure un facteur important pour développer des relations commerciales, rencontrer des partenaires ou accueillir des clients.
Une conviction qui rejoint celle d’Odoo au moment d’investir dans une implantation locale plutôt que de piloter exclusivement son activité française depuis la Belgique.

Des logiciels devenus des infrastructures critiques
L’intelligence artificielle et la souveraineté numérique ont également occupé une place importante dans les échanges de la soirée.
Pour Odoo, l’intelligence artificielle doit avant tout être utilisée pour automatiser certaines tâches, faciliter l’accès à l’information et améliorer l’efficacité des utilisateurs.
La direction observe également une attention croissante portée aux questions de maîtrise des données et de dépendance technologique.
La dirigeante partage une anecdote qui illustre la place prise par les logiciels de gestion dans le quotidien des entreprises.
L’un de ses clients lui avait confié qu’Odoo était devenu « le seul employé » dont son entreprise ne pouvait plus se passer.
Une formule qui résume l’évolution observée dans de nombreuses organisations, où les logiciels de gestion sont devenus des infrastructures de plus en plus critiques.
Alors que la réforme de la facturation électronique conduira progressivement plusieurs millions d’entreprises à adapter leurs outils dans les prochaines années, Odoo fait le pari qu’une présence locale constituera un avantage sur un marché français en pleine transformation.




























Bienvenue à Odoo France à Lyon
Une implantation qui dépasse la simple ouverture de bureaux. Entre la facturation électronique, les enjeux de souveraineté numérique et les recrutements annoncés, cet article montre pourquoi le choix de Lyon est stratégique pour Odoo. Un reportage riche en informations et en contexte.
Au-delà de l’annonce, ce reportage apporte du contexte et des chiffres pour comprendre pourquoi Odoo a choisi Lyon et ce que cette implantation pourrait changer pour l’écosystème économique local. Une analyse pertinente.
merci pour le commentaire
merci de nous suivre
à bientôt
Surtout que la facturation numérique sera obligatoire dès septembre, on a besoin d’un acteur fiable pour nous aider.