L’Université Catholique de Lyon (UCLy) poursuit son expansion et entend désormais aller au-delà de la croissance de ses effectifs et de son offre de formation. Après plusieurs années de développement, l’établissement privé à but non lucratif souhaite renforcer la cohérence de son projet éducatif, consolider ses implantations et donner une place plus importante à la recherche.
Cette nouvelle orientation a été présentée le 15 octobre 2026, lors de sa conférence de presse de rentrée.
Baptisée UCLy 2032, la stratégie repose sur cinq priorités, parmi lesquelles l’ancrage territorial, l’évolution des enseignements et l’ouverture internationale. Elle s’accompagne d’un projet éducatif, One Education, destiné à favoriser les échanges entre disciplines et à mieux accompagner les parcours étudiants.
Pour Grégory Woimbée, recteur de l’UCLy, la formation ne peut plus se limiter à la transmission de connaissances et à la préparation à un métier.
Cette ambition se traduit déjà par plusieurs projets, de l’ouverture de nouvelles formations en région Provence-Alpes-Côte d’Azur à la création d’un laboratoire de biotechnologies à Lyon. Elle intervient alors que l’université accueille 12 100 étudiants et auditeurs, dont 2 350 étrangers.

L’UCLy renforce sa présence à Annecy et s’implante à Marseille
Le développement territorial constitue l’un des premiers volets de cette stratégie. Si Lyon reste le principal centre d’activité de l’établissement, l’UCLy renforce progressivement sa présence dans d’autres villes.
À Annecy, le campus Alpes Europe accueille près de 700 étudiants à la rentrée 2026, soit une hausse de 20 % en un an. Cette progression s’accompagne d’une diversification des cursus, notamment avec l’ouverture d’une licence Sciences de la vie et humanités portée par l’ESTBB, son école d’ingénieurs en biotechnologies.
Le recrutement demeure largement régional puisque 75 % des étudiants du campus viennent de Savoie et de Haute-Savoie. L’établissement répond ainsi à une demande locale de formations supérieures, tout en proposant des parcours qui associent plusieurs disciplines.
Cette logique de proximité guide également son implantation dans le sud de la France.
À Marseille, l’UCLy vient d’ouvrir une licence Professorat des écoles, en partenariat avec l’ISFEC Saint Cassien. Elle envisage désormais de poursuivre son développement à Aix-en-Provence, où l’Esdes Business School pourrait proposer un bachelor au lycée du Sacré-Cœur.
Ce dernier projet reste à l’étude. L’université affirme d’ailleurs ne pas chercher à multiplier les implantations, mais à construire son offre en fonction des besoins identifiés avec les acteurs locaux.

One Education veut rapprocher les disciplines et faire évoluer les enseignements
Cette évolution géographique s’accompagne d’une réflexion sur les formations elles-mêmes. Avec One Education, l’UCLy souhaite encourager les étudiants à dépasser les frontières de leur spécialité pour mieux comprendre les enjeux auxquels ils seront confrontés dans leur vie professionnelle.
Cette conception de l’enseignement s’inscrit dans l’identité humaniste et catholique de l’établissement. Elle prend aussi une dimension concrète dans l’élargissement des disciplines proposées.
À Lyon, la Faculté de sciences humaines et sociales, l’Institut Richelieu d’histoire et de géopolitique et la Schuman School enrichissent ainsi l’offre en anthropologie, sociologie, histoire et études politiques européennes et internationales.
L’objectif est de permettre aux étudiants de croiser différentes approches, sans renoncer à la maîtrise de leur domaine de spécialisation. Une question importante pour les établissements d’enseignement supérieur, confrontés à l’évolution des métiers et des compétences recherchées par les employeurs.
Reste à préciser comment cette démarche sera intégrée dans les cursus et selon quels critères ses résultats seront évalués.

Un Hub Biotech pour développer les compétences recherchées par les entreprises
La volonté de rapprocher les formations des réalités professionnelles se retrouve dans un autre projet, plus directement lié à l’industrie. Sur le campus Saint-Paul, à Lyon, l’UCLy prépare l’ouverture d’un Hub Biotech de 380 m², dont l’inauguration est envisagée en septembre 2027.
Ce laboratoire de pré-industrialisation sera équipé pour répondre aux normes d’une plateforme de confinement de niveau 2.
Il doit accueillir des projets de recherche en biotechnologies et permettre aux étudiants de l’ESTBB de se former sur des équipements spécialisés.
L’intérêt de cette infrastructure réside notamment dans le passage de la recherche expérimentale à des conditions techniques plus proches de celles rencontrées dans l’industrie. Pour les futurs ingénieurs, cette expérience doit faciliter l’acquisition de compétences pratiques adaptées aux besoins du secteur.
Le projet traduit ainsi la volonté de l’université de renforcer les liens entre enseignement et recherche appliquée. Le montant de l’investissement, les capacités d’accueil et les éventuels partenariats industriels n’ont toutefois pas été communiqués.

La santé devient un terrain de coopération entre chercheurs et professionnels
Cette approche transversale ne concerne pas uniquement les biotechnologies. L’UCLy développe également une démarche baptisée « Santé commune », qui vise à étudier conjointement la santé des personnes, celle des sociétés et leurs environnements.
Vieillissement, maladies chroniques, santé mentale ou transformations environnementales constituent autant de sujets qui nécessitent des compétences complémentaires.
L’université entend donc mobiliser les sciences du vivant, mais aussi le droit, l’économie, la philosophie, l’éthique et les sciences humaines.Pour rapprocher ces travaux des pratiques médicales, elle s’appuie notamment sur une Alliance Santé conclue avec l’Hôpital Saint Joseph Saint Luc.
Ce partenariat doit favoriser les échanges entre chercheurs, enseignants et professionnels du soin autour de problématiques communes. Les projets opérationnels et les résultats attendus de cette coopération restent cependant à détailler.
Le logement étudiant et la transition écologique accompagnent la croissance des campus
Le développement de l’UCLy pose également la question des conditions d’accueil. À Annecy, la hausse des effectifs conduit notamment l’établissement à travailler sur un projet de résidence étudiante à proximité du campus Alpes Europe.
Des discussions sont engagées avec les collectivités et des entreprises partenaires. Aucune date de réalisation n’est encore annoncée.
À Lyon, l’université étudie parallèlement l’aménagement d’une ferme urbaine sur une terrasse du campus Saint-Paul. Ce projet pourrait devenir un espace d’apprentissage consacré aux transitions écologiques, tout en contribuant à approvisionner l’épicerie solidaire de l’établissement et des associations du quartier.
Ces initiatives s’inscrivent dans une politique de responsabilité sociale et environnementale récemment reconnue par l’obtention du label DD&RS, au niveau « maîtrise », pour quatre ans.
L’accompagnement des étudiants constitue un autre volet de cette politique. Selon les chiffres communiqués par l’université, 3 859 étudiants ont bénéficié d’une aide, tandis que 240 ont reçu une bourse financée par le mécénat, pour un montant total de 400 000 euros. L’établissement indique également que son service logement a accompagné 1 041 étudiants et que 662 ont été accueillis par sa mission handicap.
Une évaluation favorable du Hcéres pour soutenir la stratégie UCLy 2032
L’université engage ces transformations après une évaluation favorable du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres).
Dans son rapport d’août 2026, l’organisme a souligné le dynamisme de l’établissement et émis un avis favorable au renouvellement de sa qualification d’Établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG).
Obtenue en 2016, cette qualification reconnaît sa participation aux missions de service public de l’enseignement supérieur et lui permet notamment de proposer des formations en convention avec des universités publiques.
L’UCLy s’appuie également sur un réseau de près de 350 universités partenaires dans 70 pays. Chaque année, environ 800 étudiants effectuent une mobilité à l’étranger, une dimension que l’établissement souhaite renforcer dans le cadre de sa stratégie 2032.
Pour cette université fondée en 1875, les prochaines années devront donc permettre de transformer les orientations annoncées en réalisations mesurables. L’ouverture du Hub Biotech, le développement des formations en Provence-Alpes-Côte d’Azur et la mise en œuvre de One Education constitueront les premières étapes de cette nouvelle phase.























merci pour l’info ! les enfants vont s’inscire