
Réunie avec Business France et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Agence française de développement a détaillé à Lyon deux dispositifs en cours d’élaboration destinés à mieux accompagner les entreprises françaises à l’international.
Selon l’établissement, ces travaux s’inscrivent dans un mandat confié récemment par l’État dans le cadre du commerce extérieur.
C’est par cette déclaration que Bertrand Walckenaer, le directeur général adjoint de l’Agence française de développement (AFD) a ouvert l’une des principales séquences du forum organisé le 1er juin à l’Hôtel de Région de Lyon.
Réunissant entreprises, acteurs de l’export et représentants institutionnels, la rencontre était consacrée aux opportunités liées aux projets financés par le groupe AFD, avec un focus particulier sur l’Afrique de l’Ouest.
Au-delà de cette dimension géographique, les échanges ont surtout porté sur les moyens de renforcer la présence des entreprises françaises sur les marchés associés aux financements de développement.
À cette occasion, l’établissement a présenté deux dispositifs actuellement à l’étude, qu’il rattache au mandat reçu à l’issue du Conseil présidentiel du commerce extérieur.

Deux instruments en cours d’élaboration
Le premier dispositif évoqué par l’AFD concerne un mécanisme de prêts destiné à soutenir des projets portés par ses partenaires internationaux.
Présentant cet outil, le directeur général adjoint de l’établissement a indiqué travailler sur « un dispositif de prêt dont les appels d’offres qui seraient passés par nos clients seraient réservés à des entreprises françaises dans leur capacité à répondre à ces appels d’offres ».
Le responsable a précisé que ce mécanisme demeurait à l’état de projet et faisait encore l’objet de travaux, notamment sur ses modalités de mise en œuvre et son articulation avec les règles applicables aux marchés publics.
Le second dispositif porte sur un futur mandat d’« arrangeur de financement public ».
Selon les explications fournies lors du forum, l’objectif serait de permettre à la France de proposer des montages financiers couvrant une part plus importante des besoins associés à certains projets internationaux.
Les responsables de l’AFD ont notamment évoqué le cas des infrastructures de transport.
Selon eux, les entreprises françaises peuvent parfois être moins compétitives sur certaines opérations de génie civil lourd tout en conservant un avantage sur les équipements à forte valeur ajoutée :
- systèmes de signalisation,
- matériel roulant,
- technologies embarquées
- ou solutions numériques.
Dans cette logique, un dispositif d’arrangement financier pourrait permettre d’intégrer davantage ces savoir-faire dans des projets financés à l’international.

Une réponse à un environnement concurrentiel plus dense
Plusieurs interventions ont porté sur l’environnement concurrentiel dans lequel évoluent aujourd’hui les entreprises françaises à l’international.
Les responsables de l’établissement ont évoqué la présence d’acteurs américains, chinois, japonais ou coréens sur de nombreux projets financés dans les pays émergents et en développement.
Selon l’AFD, certains de ces pays disposent déjà d’outils permettant de proposer des financements globaux associés à leurs offres industrielles et technologiques.
Le futur mandat d’« arrangeur de financement public » a été présenté comme une réflexion visant à doter la France d’une capacité comparable sur certains projets.

Une demande également exprimée par certains pays partenaires
Les responsables de l’agence ont également insisté sur les attentes formulées par plusieurs États partenaires.
L’AFD souligne intervenir dans des secteurs où les besoins d’investissement demeurent importants :
- infrastructures,
- eau,
- assainissement,
- énergie,
- santé,
- éducation,
- transports
- et numérique.
Le forum mettait plus particulièrement l’accent sur la santé, l’agriculture et l’agroalimentaire, les villes durables ainsi que le numérique, à travers plusieurs ateliers sectoriels organisés à destination des entreprises.

Des retombées économiques mises en avant par l’AFD
Présent dans plus de 160 pays, le groupe AFD mobilise des prêts, des subventions, des garanties, de l’assistance technique ainsi que des investissements via sa filiale Proparco.
Dans son dossier de présentation, l’établissement indique que les marchés soutenus par ses financements ont généré près de 17 milliards d’euros de retombées économiques pour les entreprises françaises au cours des cinq dernières années.
Lors du forum, les intervenants ont également affirmé qu’environ 75 % des entreprises attributaires des marchés liés à l’AFD étaient françaises.
Ce chiffre a été cité à plusieurs reprises pour illustrer la présence déjà importante des entreprises françaises sur ces projets.
Le périmètre exact de cet indicateur n’a toutefois pas été détaillé publiquement au cours des échanges.

Auvergne-Rhône-Alpes en première ligne
Le choix de Lyon pour accueillir cette rencontre s’appuie sur le poids économique de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Selon les chiffres présentés lors du forum, le territoire génère près de 70 milliards d’euros d’exportations annuelles et rassemble plus de 20 000 entreprises exportatrices, ce qui en fait la deuxième région exportatrice française.
Le forum a réuni 125 participants représentant 75 entreprises, venues découvrir les outils du groupe AFD et échanger avec les acteurs de l’accompagnement à l’export.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des actions de la Team France Export Auvergne-Rhône-Alpes, qui associe notamment la Région, Business France, les Chambres de commerce et d’industrie, Bpifrance et Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises afin d’accompagner les sociétés dans leur développement international.

Des modalités encore à préciser
À ce stade, l’AFD indique poursuivre ses travaux sur les deux dispositifs présentés à Lyon.
Aucun calendrier de mise en œuvre n’a été communiqué lors du forum. Les volumes financiers concernés, les pays susceptibles d’être associés à ces instruments ainsi que les modalités opérationnelles de leur déploiement restent en cours d’élaboration.
























Excellente nouvelle pour les entreprises françaises, et particulièrement celles d’Auvergne-Rhône-Alpes ! Ces futurs dispositifs de l’AFD pourraient devenir de véritables leviers pour accéder à des marchés internationaux à forte valeur ajoutée et valoriser l’expertise française à l’export.
Une orientation encourageante qui va dans le sens d’un meilleur accompagnement des entreprises françaises à l’export. Associer financement, expertise et présence sur le terrain est un levier essentiel pour gagner en compétitivité face à la concurrence internationale et créer de nouvelles opportunités de croissance.